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Vers une enquête sur l’entrée en bourse de Facebook

Flavien Chantrel, le 23 mai 2012

L’entrée en Bourse de Facebook a été effectuée vendredi dernier à grand renfort de publicité. Quelques jours après, le titre a déjà perdu près de 20% de sa valeur initiale. Soit une baisse de sa valorisation de 19 milliards de dollars, elle qui était d’abord estimée à 100 milliards de dollars, soit 100 fois son bénéfice net en 2011… Pire, le bénéfice au premier trimestre 2012 n’atteint que 205 millions… Ce passage de 38 dollars (valeur au moment de l’introduction) à 31 dollars était-il prévisible ? L’éclatement de la bulle, annoncée par beaucoup, va-t-il avoir lieu ?

Cette entrée en bourse s’est faite dans des circonstances pour le moins étranges. Peu de temps avant l’introduction, des analystes des trois banques chargées de la distribution des actions (Morgan Stanley, Goldman Sachs et JPMorgan Chase) ont ainsi revu leurs prévisions à la baisse, sans pour autant changer le montant annoncé. Pire, Morgan Stanley, principal acteur de cette introduction, aurait maintenu le flou sur les conditions de cette entrée en bourse. La banque aurait également dépensé plusieurs milliards de dollars en achats d’action pour soutenir le cours le jour de l’introduction. Une technique qui n’a pas été suffisante pour éviter l’effondrement dès le deuxième jour…

L’échec est rude pour Facebook, mais aussi pour les détenteurs des 421 millions d’actions mises sur la marché qui ont déjà perdu un cinquième de leur mise. La survalorisation pourrait être encore plus énorme que prévue. Un analyste de Thomson Reuters estime la croissance annuelle potentielle de Facebook aux alentours de 10%, soit la moyenne du secteur, soit une valorisation de 9,59 dollars par action. 72% de moins que le cours d’introduction ! Mark Zuckerberg voulait visiblement valoriser son entreprise au-delà des 100 milliards de dollar, en boostant quelques jours avant le montant de l’IPO de 25% via son directeur financier David Ebersman. La demande importante devait pouvoir résorber cette hausse, on a vu ce que cela a finalement donné.

Image par Tony Gouarch - http://tonylotteillustration.blog.ouestjob.com

Conséquence directe de cet imbroglio, deux des principaux régulateurs US, la FINRA (Financial Industry Regulatory Authority) et la SEC (Securities and Exchange Commission), veulent ouvrir une enquête sur cette affaire. Le NASDAQ, Facebook et les banques ayant participé sont dans le viseur. Plus que Facebook, c’est tout un système qui est remis en cause. On risque d’en entendre parler encore de longues semaines… En attendant, bon courage à ceux qui ont acheté des actions, ils ne sont pas près de récupérer leur mise.

Espérons que cet échec n’enfonce pas le secteur du web dans son ensemble. On a déjà connu une bulle importante en 2000, il faut croire que l’on apprend pas assez de nos erreurs. Une autre bulle pourrait elle aussi éclater, celle de la sur-importance accordée aux réseaux sociaux. Mais c’est autre chose, nous aurons l’occasion d’en parler dans un prochain billet…

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Commentaires
  1. FmR dit :

    La bulle, la bulle…

  2. Depuis le temps qu’on parle de cette bulle qui nous menace, Facebook ne nous aide pas vraiment. Après il faut être honnête tous ces effets de dominos ne sont permis qu si les gens cèdent à la panique. Il faut savoir prendre du recul. Facebook n’est qu’un des acteurs de l’univers web!

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