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Blackout pour les lois SOPA et PIPA : ce qu’il faut savoir

Cela fait déjà quelques années que la problématique se développe. Faute de comprendre Internet et ses usages, les gouvernements tentent en vain de le contrôler. Filtrage, censure, ripostes graduées, bon nombre de dispositifs ont été amorcés sans succès. De nombreuses vagues de mécontentement se sont fait entendre à travers le monde pour protester contre ces mesures liberticides. La Chine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ont été concernées ces dernières années. La France n’est pas en reste avec la LOPPSI et Hadopi, injures majeures faites à la neutralité du net. Mais que faire face à des gouvernements qui s’enlisent dans leur méconnaissance ? Un blackout avait eu lieu il y a deux ans en Australie pour attirer l’attention du grand public. En cette année 2012, le danger vient d’un projet de loi américain, la SOPA (Stop Online Piracy Act ), déposé en octobre dernier par le républicain Lamar Smith. Mais la révolte se met déjà en place.

strike

La SOPA c’est quoi ?

Mais pourquoi tant de haine ? En quoi la SOPA fait-elle si peur ? Ce projet de loi prévoit la possibilité pour le gouvernement américain de poursuivre en justice tout site contrevenant aux droits d’auteurs ou facilitant le piratage, qu’ils soient ou non situés sur le territoire US. La possibilité lui serait également offerte de pouvoir bloquer leur référencement sur les moteurs de recherche et les paiements de leurs régies publicitaires et des sites du type Paypal. Ces derniers ne seraient pas attaqué s’ils coopéraient avec les autorités et arrêtaient leurs relations avec les sites contrevenants. La première mouture prévoyait le blocage des noms de domaine contrevenants par les fournisseurs d’accès, mais ce volet phare a été abandonné suite aux nombreuses contestations. La SOPA a été suspendue (mais pas abandonnée), mais sa petite sœur au contenu très similaire, la PIPA (Protect IP Act) prend le relai. Elle sera examinée par le congrès américain le 24 janvier prochain.

Ce projet de loi est avant tout une réponse des ayant-droits qui se sentent floués par un web qui ne respecte pas le droit d’auteur. Et qui cherchent donc plus à le censurer qu’à le comprendre et à adapter leurs business models… Quitte à argumenter avec des chiffres sortis de nulle part. Ne nous méprenons pas, le mouvement de contestation ne réclame pas le droit au piratage. Il clame juste le droit à un Internet libre et non contrôlé par les puissances étatiques ou par certaines entreprises. C’est avant tout une rébellion contre la censure et l’atteinte à la neutralité du net. Une liberté fondamentale qu’il faut absolument défendre !

PROTECT IP / SOPA Breaks The Internet from Fight for the Future on Vimeo.

Le mouvement de contestation

Les réactions ont été nombreuses et virulentes. Par exemple, GoDaddy, célèbre hébergeur, a été victime d’une vague de boycott suite à son annonce de soutien à la loi SOPA. Suffisant pour qu’ils se désengagent… De nombreux géants du web ont fait savoir leur désapprobation du projet. C’est notamment le cas de Google, Facebook, Twitter, Yahoo!, LinkedIn ou encore de la fondation Mozilla. Pour ajouter du poids au mouvement de protestation, aujourd’hui est un jour de blackout sur de nombreux sites, américains ou non. En voici quelques uns. Une liste plus complète des sites en grève est disponible sur le site SOPA strike.

  • Google

Google a remplacé son célèbre Doodle par un logo censuré. Ce dernier renvoie vers un texte explicatif dénonçant à la fois SOPA et PIPA.

google blackout

  • Wikipedia

« Imaginez un monde sans gratuité de la connaissance« . C’est cette alerte que les visiteurs de la version anglaise de Wikipedia tomberont aujourd’hui.

blackout wikipedia

  • Mozilla

Mozilla va afficher une page d’accueil spéciale SOPA aujourd’hui. De quoi marquer le coup.

mozilla-strike-sopa-fx-default-start-page-300x236.png

  • Korben

De nombreux sites internationaux s’y sont également mis. C’est le cas de Korben en France, un des sites high-tech les plus visités.

korben_blackout.PNG
Mais ce n’est pas la seule méthode pour protester. Un générateur vous permet ainsi d’ajouter une mention Stop SOPA sur vos photos de profil Facebook, Google Plus et Twitter. Un plugin WordPress vous facilite la vie pour censurer votre site web pour ce blackout. Et vous informer sur le sujet et en parler autour de vous est sans doute ce qui aidera le plus à une meilleure diffusion de l’information. Comprendre, c’est déjà s’engager.

Le site SOPA Strike
Le plugin de contestation
Le générateur pour Twitter

Commentaires

  1. anonyme
    18 janvier 2012 - 11h33

    Mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi certains cherchent à protéger des sites de téléchargement illégaux de films , série, jeux etc.. ? Dont les créateurs travaillent en bandes organisés dans un système ma-fieux qui pillent les biens d’autrui et qui n’ont comme unique but de réaliser des bénéfices grâce à la publicité et pour certains sites c’est plus de 20000 euros par mois sans compter la rémunération des hébergeurs qui de plus échappe à l’impôt puisque cet argent atterri sur des comptes étrangers via paypal, cala n’a rien de philanthropique ou pour du soi disant partage.

  2. yt75
    18 janvier 2012 - 14h37

    Le viol du terme virtuel depuis les nineties a vraiment fait des ravages …

    Maintenant on ne sait même plus faire la différence entre :
    censure : interdiction de diffuser un nouveau message
    piratage : interdiction de diffuser des copies d’oeuvres existantes

    On a aussi oublié semble-t-il que pour partager (faire connaitre) une oeuvre à ses « amis », communiquer le tritre, référence, lien, suffit.

    Et les google et compagnie en train de devenir les deux ou trois monstres sur la diffusion du contenu, pas trop étonnant qu’ils soient contre couper les centres de piratages en attendant…

    Ce qu’il faut c’est ça :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/

  3. yt75
    18 janvier 2012 - 16h53

    @anonyme

    Et ne pas oublier aussi que le piratage rapporte à certains et pas qu’un peu :
    http://owni.fr/2011/12/14/secret-megaupload-streaming-kim-schmitz-david-robb/
    http://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=10626044

    SOPA PIPA je connais pas dans les détails, mais clairement dans le bon sens : s’attaquer aux centres et ne pas partir dans les délires monitoring flux utilisateurs à la hadopi :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/piratage-hadopi-etc/

    Si les blocages suite à procédures de justices publiques clairement bonne solution

  4. klamst
    19 janvier 2012 - 10h39

    Au risque d’arriver à un tout en un où l’arsenal juridique de protection touche tant à la piraterie qu’aux libertés individuelles … le point de vue d’une professeur(e) de droit public à l’Université Paris-Sorbonne est assez éclairant comme cet article : http://libertescheries.blogspot.com/2012/01/le-sopa-instrument-du-controle.html
    Deux autres liens qui m’ont semblé pertinents à retrouver :
    http://vincentjay.net/dotclear/index.php?2012/01/18/114-sopa-pipa-hadopi-et-si-le-web-restait-noir-au-dela-du-18-janvier-2012

  5. Zazou8888
    19 janvier 2012 - 17h00

    C’est amusant comme certains oublient rapidement que les premiers à se faire des sous dans cette histoire ce sont les sociétés de distribution des films et musiques « piratées » et ce sont uniquement LEURS intérêts qu’on protège dans cette nouvelle loi. Alors oui continuons à payer des sommes astronomiques pour des contenus pas toujours adaptés à tous lecteurs et tout système et en plus protégeons ces arnaqueurs officiels qui ne reversent pas autant qu’ils voudraient nous le faire croire aux artistes que nous aimons en laissant les USA décider de museler la liberté d’expression. Vive SOPA voyons!

    Merci klamst pour ton lien qui explique encore mieux le problème majeur de cette loi SOPA et de PIPA sa petite soeur…

    Je vous rappelle que nombre de blogueurs de par le monde se permettent de « voler » des images copyrightées pour faire une critique de film, musique, livre ou autre… Tous ces blogs pourraient donc être supprimés purement et simplement parce qu’ils n’ont pas payé pour pouvoir utiliser les images, noms etc des « produits » dont ils parlent…

    On va toujours plus loin, si vous citer une source faites bien attention à qui car si la personne n’est pas heureuse que vous le fassiez, ses droits d’auteur faisant office de loi, votre site pourrait très bien fermer boutique…

    On ne parle pas ici QUE des pirates on parle de liberté de chacun de s’exprimer sur le net. Remettre en cause les droits d’auteur c’est idiot, donner le droit à chaque auteur de « tuer » une personne qui plagie ou « vole » des contenus… Il y a peut-être deux poids deux mesures?

    Merci klamst pour cet article qui explique encore plus précisément le problème principal des lois SOPA et PIPA.

  6. anonyme
    19 janvier 2012 - 17h19

    @yt75
    Merci, il est super ce blog « libertés chéries »

    Je tiens également à remercier le responsable de ce site qui n’a pas supprimé mon commentaire contrairement au journal Métro, ce qui me laisse à penser que nous sommes bien dans le pays de la vérité qui m’arrange, ce qu’il faut savoir, c’est que la loi Hadopi est loin de remplir son rôle force est de constater qu’elle a fait pschiiiit, Sopa/Pipa même s’il faut être vigilant par rapport aux libertés individuelles et au droit à l’information et qu’elle doit certainement être modifiée est faite pour protéger les droits d’auteurs de l’industrie cinématographique et autres US, qui est celle qui est la plus piraté au monde et qu’il s’agit de produits à l’exportation, qu’en serait-il s’il s’agissait de nos propres exportations industrielles alors qu’elles sont au plus bas ? Qu’aurait fait la France dans la même situation, alors qu’on sait que notre législation impose à un donneur d’ordre de vérifier que son sous-traitant n’a pas de travailleurs non déclarés ? Pourquoi cette radicalisation dans ce projet de loi ? Les premiers éléments de réponses c’est par exemple en ce qui concerne la France notre jurisprudence protège pour le moment les sites hébergeurs et ne permet pas d’engager leurs responsabilités quand ils hébergent un site pirate par exemple pour un blog et, pour les pays étrangers beaucoup ne font rien faute de moyens, en France tout le monde connait les sites pirates de streaming et de téléchargement direct et pourtant ils prolifèrent et cherchent à imposer leur domination alors que doivent-ils faire ces américains et pas seulement eux, nous aussi que devons nous faire, se laisser piller par des mafias sans rien dire ?

  7. yt75
    19 janvier 2012 - 18h29

    @anonyme
    Merci :) D’accord sur le fait que cette loi est là pour protéger avant tout industrie cinématographique US et autres, et sans le domaine du numérique en général, il y a en fait un côté toujours très ambivalent par rapport au piratage. Très clair dans le logiciel, car pour un Microsoft par exemple, le piratage constitue aussi de fait une forme de dumping, permettant pour eux de gagner des parts de marché, dans les pays en voie de développement par exemple, là où de toute manière ils ne pourraient pas forcément vendre au prix US. Et avec le phénomène de club propre au logiciel(plus de monde utilise un logiciel ou système, plus c’est « utile ») , une fois le marché bien établi, on peut commencer à faire payer (par exemple les entreprises). Dans le domaine du contenu (films, musiques, jeux videos), certes très différent, mais d’une certaine manière le piratage favorise aussi le « rayonnement d’Hollywood » pour les USs.
    Dans tous les cas personnellement, je trouve que le problème est quand le piratage devient la méthode par défaut pour accéder aux oeuvres, et d’une certaine manière « asphyxie » à la fois la création de contenu et ce qui serait possible en terme d’environnement de publication.
    Par contre je trouve la direction prise « s’en prendre aux centres » la bonne et non l’approche hadopi « s’en prendre aux utilisateurs lambda » qui est vraiment faire tout à l’envers et amène à ces délires de monitoring flux utilisateurs à tout va.
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/piratage-hadopi-etc/
    Et puis l’hypocrisie « il n’y a pas de centre « peer to peer » etc » ça va un moment, d’ailleurs si le cas pourquoi tous ces hauts cris.
    Et il me semble que si loi écrite avec procédures légales obligatoires pour prises actions techniques, et clairement dirigée vers les centres dont c’est le business et pas le moindre échange email ou clé USB par çi par là (on s’en fout), ou blogueur postant un extrait (fair use déjà prévu pour ça) c’est ce qu’il faut.

  8. anonyme
    19 janvier 2012 - 23h04

    @ yt75

    Les Etats-Unis font fermer Megaupload !

    Megaupload, qui compte parmi les vingt sites les plus importants au monde, n’est plus accessible. Le site et les différents services satellite qui l’entourent semblent avoir été mis hors ligne après une action de la justice américaine. Celle-ci confirme l’ouverture d’une procédure criminelle de grande envergure.

    Selon nos constatations, Megaupload n’est plus accessible en France, quelle que soit la ligne. Simple problème technique ? Il semblerait que la réponse soit plus grave, au moins pour le fameux Kim Dotcom, ses associés et ses employés. Le département de la Justice américain confirme l’ouverture d’une procédure criminelle à leur encontre. Il estime que Megaupload aurait engrangé plus de 175 millions de dollars grâce à des activités frauduleuses, et provoqué plus de 500 millions de dollars de manque à gagner auprès des ayant-droits.

  9. yt75
    20 janvier 2012 - 11h22

    @ anonymous

    Oui et dans le principe je n’ai rien contre perso, mais Il reste à avoir de vraies procédures légales et publiques autour de tout ça :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/piratage-hadopi-etc/
    Et petit dessin animé (92/93) :
    http://iiscn.wordpress.com/2012/01/02/vestale-sous-contraintes-exercice-ludique-en-courrier-10/

  10. y3pa
    26 janvier 2012 - 16h03

    Moi je suis contre ces lois tout simplement car je suis dans un pays ou y a des oeuvre interdits même si je les achètes sur le net ils me le confisqueront durant la livraison et j’aurais des problèmes alors si je peux pas les télécharger je ne pourrais jamais les avoir.

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