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Social Gaming : le succès de l’app Facebook Belote en ligne

Fabian Ropars, le 24 mai 2013

Sur Facebook les applications de jeux ont toujours eu un joli succès. Zynga a notamment édité plusieurs blockbusters du genre sur le réseau de Mark Zukerberg. Il faut dire que si le jeu est réussi et adapté au format social, la viralité attire très vite de nouveaux utilisateurs. Nous nous intéressons aujourd’hui à un jeu français qui connaît un joli succès sur Facebook : belote en ligneSon concept est simple : jouer à la belote sur Facebook avec ses amis. Et ils sont plus de 140 000 à s’être inscrits au service. Un des fondateurs du jeu nous présente le fonctionnement de cette application. 

Pouvez-vous nous présenter Belote en ligne, et l’équipe qui se trouve derrière ?

Nous sommes 4 amis d’enfance tous du même village du sud de la France. Suite aux routes respectives que nous avons choisi d’emprunter lors de nos études, nous nous étions petit à petit éloignés mais la volonté de développer un projet en commun afin de nous réunir restait toujours présente. C’est chose faite depuis un certain 9 Mars 2009.  Lors d’un séjour entre amis à Berlin, nous avons fait le constat qu’on ne se voyait jamais et nous nous sommes fait la promesse de travailler un jour ensemble d’autant plus que nous en avions vraiment tous l’envie. Notre aventure sur internet a donc débuté ce jour-là.

Après avoir enchaîné plusieurs succès ensemble, nous avons lancé Beloteenligne.fr le 1 Octobre 2012 sur Facebook. Ce jeu se veut convivial, simple et social. Nous avons mis l’accent sur un design et une ambiance très détente. Beloteenligne.fr s’adresse aussi bien aux débutants qu’aux joueurs plus confirmés. En 7 mois, nous avons atteint les 140 000 inscrits et les retours sont très positifs.

Le développement de l’application Facebook se fait-elle en interne ou par une agence / prestataire ?

Nous n’avions clairement pas les compétences en interne pour réaliser ce type de développement. L’idée première était de racheter un jeu de belote existant. Nous avions identifié 3 jeux, un jeu bulgare, un jeu saoudien et un jeu Arménien (la belote est un jeu international). Après avoir été doublé sur le rachat du jeu bulgare par un concurrent, nous étions à 2 doigts de prendre un avion pour l’Arabie saoudite où une start-up était prête à nous revendre leur jeu.

C’est à ce moment là que j’ai rencontré totalement par hasard Gabriel Mamou Mani un spécialiste de l’advergame en France : http://www.advergame.fr/ qui m’a conseillé un spécialiste de ce genre de prestation, l’agence Playsoft. Nous les avons rencontrés et avons été séduit par la qualité de leur travail tant sur le plan technique que sur plan artistique. Au final, après avoir cherché au bout du monde, nous avons trouvé notre bonheur en France.

Développez-vous uniquement Belote en ligne, ou travaillez-vous sur d’autres projets / jeux ? Si oui, dans quels domaines ?

Effectivement, nous sommes partagés entre deux marchés, le Brésil et la France. Pour le Brésil nous avons une activité de domaining et nous allons prochainement lancer un live score social sur futebol.com pour couvrir l’événement le plus important de 2014 au Brésil, la coupe du monde. Pour la France, nous nous focalisons actuellement sur Belote en ligne car nous souhaitons donner à ce projet toutes les chances de réussir. Nous avons d’ailleurs beaucoup d’idées pour le faire évoluer. Nous sommes également en discussion avec notre partenaire pour développer une série de jeux de cartes multi-joueurs.

Belote en ligne, est comme son nom l’indique un jeu de belote. Comment se fait le « portage » d’un jeu traditionnel vers un format social et web ?

La principale difficulté pour nous a été de digitaliser le côté convivial d’une partie de belote. En effet, ce qui fait la popularité de ce jeu et ce qui lui a permis de traverser les générations, est le fait qu’il permet de passer un bon moment auprès de ses amis et de pouvoir partager un moment convivial autour d’une table à taper le carton. La viralité du jeu est clairement basée sur cet aspect là. Il est donc très facile et intuitif d’inviter un ami à s’inscrire au jeu et à l’inviter à vous rejoindre pour une partie. Nous avons également facilité la démarche de rencontre de nouveaux amis sur le jeu afin de leur permettre de jouer ensemble, de discuter et de se suivre sur le jeu. Nous nous sommes inspiré des nombreuses applications Facebook existantes pour réaliser cette adaptation.

Pourquoi avoir choisi la belote ? Il y a un engouement particulier autour de ce jeu ?

Nous avons choisi ce jeu d’abord parce que nous sommes tous les 4 des joueurs de belote avertis. Nous y avons joué sur les bancs de la fac et maintenant en famille.

 

Au-delà de notre affinité avec le jeu, nous sommes parti du constat que la plupart des Français ont déjà joué au moins une fois à la belote dans leurs vies. D’après une étude, près de 30 millions de personnes en France ont déjà joué à la belote. C’est donc un jeu de cartes très populaire et très ancré dans la culture collective.

Le jeu a visiblement trouvé son public sur Facebook, comment monétise-t-on cette audience ?

Actuellement, il y a qu’un seul axe de monétisation, la vente de jetons. Une partie coûte 100 jetons, les gagnants repartent avec 110 jetons tandis que les perdants n’en recouvrent que 10. Nous sommes en train d’envisager d’utiliser d’autres canaux de monétisation comme la publicité, le gain de jetons contre le visionnage de vidéo ou contre un achat chez un partenaire.

Les relations entre Facebook et les éditeurs de jeux (on pense notamment à Zynga) ont souvent été tumultueuses. Comment se passe la coopération avec la plateforme ainsi que le « partage » des revenus  ?

C’est vrai que Facebook récupère 30% des dépôts mais il est aussi un formidable vecteur de trafic, plus rapide et plus puissant que Google. Donc pour le moment on s’en accommode bien (peut-être que cela changera avec le temps). Cependant nous sommes pour le moment 100% dépendant de Facebook, et nous devons obéir au bon vouloir de leur politique. Il nous est souvent imposé des changements à mettre en place rapidement sous peine d’être exclu de l’AppCenter. C’est pourquoi nous avons créé un site associé beloteenligne.fr qui accueillera prochainement une version non Facebook. Nous pourrons ainsi bénéficier d’un trafic venant des moteurs de recherche, ce qui nous permettra de réduire notre dépendance vis-à-vis de Facebook.

Belote en ligne joue sur la viralité afin de se faire connaître, communiquez-vous uniquement sur les réseaux sociaux ? Quels sont les cle aspects de votre communication (RP, RP 2.0, achat d’espaces Facebook, display…).

Effectivement, nous communiquons beaucoup sur les réseaux sociaux puisque Belote en ligne n’est disponible que sur Facebook. Nous faisons en sorte d’impliquer nos joueurs sur la page fan par le biais de jeux quotidiens, de sondages, ceci dans le but d’avoir le maximum d’engagement de leur part. Cela favorise la rétention et l’acquisition de nouveaux joueurs. Nous essayons d’être présents sur les autres réseaux sociaux comme Twitter et Google+ car nous pensons qu’il faut avoir plusieurs canaux de communication pour capter nos joueurs.

Nous avons opté pour l’achat d’espace de publicités sur Facebook car elle est très efficace et convertit assez bien. En effet, il est facile de cibler les bonnes personnes car nous connaissons la tranche d’âge la plus intéressée par notre jeu.  Grâce au « gestionnaires de publicité », nous arrivons facilement à mettre en place une stratégie de publicité efficiente grâce à la possibilité d’identifier les campagnes qui entraîne un achat sur notre application. Nous passons aussi du temps à présenter notre jeu aux bloggeurs dans l’espoir qu’ils y consacrent un article. Belote en ligne est d’ailleurs très bien accueilli par la communauté des bloggeurs jeux vidéo et High Tech mais aussi par la presse féminine.

Dans la pléthore de jeux et d’applications proposés par Facebook, comment tirer son épingle du jeu ?

Face à la volatilité des utilisateurs de Facebook, on n’a plus que jamais qu’une seule chance de donner une bonne impression. Un utilisateur Facebook fait guère preuve de demi-mesure, soit il vous encense, soit il vous enterre. Notre stratégie pour se démarquer de la masse a été d’essayer de créer un jeu populaire qui suscite un intérêt et de la sympathie. Plutôt que de chercher à attirer immédiatement un grand nombre de joueurs, nous avons opté pour un lancement en catimini afin de pouvoir identifier le maximum de bugs et d’erreurs sans avoir à frustrer trop de personnes.

Une fois les principaux écueils corrigés, il faut continuer à insister sur la qualité du produit et de son univers interactif. L’utilisateur doit être à son aise, les actions doivent être simples et le côté compétitif omniprésent. Enfin, vous devez avoir un CM ultra patient avec une bonne dose d’humour pour fédérer et stimuler sa communauté dans la bonne humeur. Avec tout ces éléments en place, vous pouvez alors vous féliciter d’avoir atteint 20% de vos objectifs d’acquisitions. Les autres 80% proviendront d’intenses campagnes d’acquisitions.

Comment percevez-vous les différentes restrictions mise en place par Facebook qui touchent notamment les CM (edgerank, baisse de portée des posts naturels…) ? Êtes-vous obligés d’acheter de la communication Facebook pour être vu sur le réseau ?

Notre public est très réceptif, et nous en profitons avec des publications qui les stimulent et occasionnent une certaine effervescence. La portée d’un message peut atteindre jusqu’à 50% de notre audience. Nous pensons que malgré les restrictions, il est possible de communiquer aisément avec notre communauté sans pour autant être trop intrusif.  Ce constat nous conduit à n’avoir que très rarement recours à une diffusion sponsorisée de nos statuts sur Facebook.

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