Interview : Sigfox et le futur de l’IoT

Sigfox a moins de 10 ans, et c’est pourtant un des fleurons de la technologie en France. Cet opérateur spécialisé dans l’IoT et le M2M (Machine to Machine) se base sur un réseau cellulaire bas débit pour apporter son service aux acteurs de l’Internet des objets. Sa quatrième levée de fonds, en 2015, a porté sur 100 millions d’euros, contribuant à une forte médiatisation. Dans le cadre du Web2day, nous avons le plaisir d’accueillir aujourd’hui sur le blog Cédric Giorgi, Directeur des Projets Spéciaux de Sigfox, qui intervenait hier sur le thème du potentiel de l’IoT et de la sensorisation du monde. Il fait le point sur la société et plus largement sur la maturité de l’IoT. Merci à lui pour ses réponses !

objets connectés

Peux-tu commencer par te présenter ?

Je suis un ex-entrepreneur, j’ai monté Cookening que j’ai revendu il y a quelques années. J’ai rejoint Sigfox en septembre 2014, à une époque où l’équipe était en train de se structurer : process, bureaux internationaux, collaborateurs… Mon travail a été de réfléchir à la manière dont on pouvait construire un écosystème autour de l’entreprise. J’ai fait de l’évangélisation auprès des start-ups, des développeurs, des électroniciens… Cela a abouti à la création d’une équipe à part, qui n’est pas liée aux silos classiques comme la vente de nos produits ou le développement du réseau, pour réfléchir à des innovations qui pourraient servir à cet écosystème.

Quelles sont les activités de Sigfox ?

Nous sommes actuellement 250. Quand j’ai rejoint la société il y a deux ans, nous n’étions que 60. La société est donc en phase d’hypercroissance. Notre métier, c’est de délivrer un service de connectivité dédié aux personnes qui font des objets connectés ou des systèmes connectés. Quand on veut faire un objet connecté, on a besoin de différentes choses, notamment définir une source d’énergie, une source de données, et une manière dont il va être connecté. Il peut l’être en local, en wifi ou en bluetooth, ou être complètement indépendant. C’était principalement le cas via GSM jusqu’à maintenant : on insère une carte SIM, et partout où il y a du réseau GSM et où on a un abonnement associé, on aura accès au réseau. Sigfox désirait suivre une autre voie, créer une connectivité longue portée, un système réducteur de consommation d’énergie pour qu’il dure dans le temps. Nos clients prennent un abonnement quand ils créent un nouveau device ou un nouveau système.

sigfox

Sigfox est un bel étendard pour la tech française, avec une levée de 100 millions d’euros il y a un an et demi… Quelles répercussions cela a-t-il  dans votre façon d’aborder votre environnement ?

Il y a des avantages et des inconvénients. Cela apporte de la médiatisation, et donc de la jalousie de certains, notamment d’acteurs historiques qui trouvent que nous accaparons trop l’attention autour de l’IoT. La société a toujours été très ambitieuse, avec une volonté d’aller très loin. Le modèle classique aurait été de devenir technologie provider, de vendre aux opérateurs télécoms, et de s’arrêter là. Ce qui a été décidé, c’est plutôt d’utiliser cette technologie pour devenir nous-mêmes opérateurs. Cela change forcément notre relation avec les grands groupes du secteur.

Par rapport aux startups de l’écosystème, l’ADN de Sigfox a toujours été d’être dans le partage. En créant la structure, le fondateur a lancé la TIC Valley, qui est devenue l’IoT Valley, qui est un regroupement de startups dans le domaine des objets connectés à Toulouse. Notre métier, c’est de nous concentrer uniquement sur la connectivité. Il faut donc trouver des objets et composants compatibles Sigfox pour que notre produit soit utile. Il est d’autant plus important de développer cette communauté !

Où en est-on de la maturité autour de l’IoT et des objets connectés ?

On ne va pas tarder à être dans la phase de redescente du pic des attentes, si l’on suit la courbe du Hype Cycle de Gartner, ce qui veut dire que selon les secteurs, on va arriver plus ou moins vite à maturité. Dans le secteur de l’industrie, le marché est assez mature. La télé-relève des compteurs, par exemple, n’est pas le sujet le plus sexy médiatiquement, mais c’est un vrai sujet business où il y a des économies à faire. Il y a souvent une mauvaise perception de ce qu’il y a derrière l’IoT, que l’on traduit en Internet des objets, donc en objets connectés, donc en BtoC. On oublie que l’énorme potentiel du secteur, c’est de mettre des capteurs partout, pour les industries notamment, et d’en faire un service à forte valeur ajoutée soit pour le consommateur final soit pour l’entreprise elle-même. Selon les besoins, certains sujets peuvent décoller rapidement. Par exemple, on parle beaucoup actuellement de traqueurs de verglas sur les routes pour gérer les besoins en dessalage l’hiver. Cela peut permettre d’optimiser les ressources et de détruire les accidents.

Quelle sont les difficultés en matière de BtoC  ?

Pour le BtoC, c’est plus difficile d’avoir une solution intégrée de bout en bout. Par exemple, j’ai une station météo connectée. Devoir allumer mon téléphone pour voir le temps qu’il fait dehors, c’est deux ou trois clics de trop par rapport au fait de pouvoir le visualiser directement dans mon environnement. Si je n’ai pas besoin de faire d’action pour voir ce qui m’intéresse, il y a une vraie plus-value. Un professeur du MIT, David Rose, l’expliquait très bien : il ne faut pas rajouter d’écrans, il faut en enlever. Le vrai potentiel de l’IoT part de ce constat. L’imprimante connectée qui commande automatiquement une cartouche quand elle est vide, c’est une plus-value pour l’utilisateur, qui n’a pas d’action supplémentaire à effectuer.

Quelles sont les prochaines étapes dans la démocratisation de l’IoT ?

Le Graal, c’est d’oublier que l’objet est connecté, de voir uniquement le résultat de cet environnement connecté. Les datas doivent être traitées pour rendre service à l’utilisateur final. L’autre défi, c’est d’arriver vers des capteurs connectés éternels, qui vont permettre des économies d’énergie, de maintenance, et surtout une pérennité. C’est dur de se projeter à plusieurs années, mais une première étape va être un déploiement plus général dans le monde avec encore plus de pays concernés. Il va également y avoir plus de simplicité dans l’industrialisation. Le hardware, c’est une énorme première marche, et ensuite il y a un escalier. Il faut continuer à abaisser cette première marche avec l’industrialisation, il y a encore beaucoup à faire à ce niveau. Mon travail consiste justement à mettre les gens ensemble pour essayer de comprendre comment nous pouvons y arriver.

Pour finir, si tu devais nous donner une startup IoT coup de cœur, ce serait laquelle ?

Je dirais Little Bit. C’est une société américaine qui crée des petites briques connectées façon Lego. On peut les connecter entre elles, et elles peuvent servir à faire du prototypage électronique très adapté aux enfants. Je trouve cela très excitant, comment on peut éduquer les plus jeunes à l’électronique. Je pense que l’éducation au code est beaucoup plus intéressante quand elle est tangible et que l’on est face à un objet que quand on est face à un écran.

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