Reporting : les 5 outils indispensables du community manager
sumall
Les 20 sites Internet les plus visités au bureau en 2013
20sites
Identité numérique

ResearchGate, réseau social pour scientifiques : interview de son fondateur

Comment faire en sorte que la recherche scientifique ne soit plus isolée, et que les chercheurs puissent partager leurs découvertes, leurs interrogations et leurs publications ? Ijad Madisch, le fondateur de ResearchGate, tente d’apporter une réponse à cet épineux problème. Cette plateforme est rapidement devenue le premier réseau social scientifique du monde, rassemblant pas moins de 1,3 millions de chercheurs, dans des domaines très variés. Outil collaboratif, ResearchGate permet de partager facilement des informations sur des sujets pointus, garantissant la circulation de la connaissance et des idées, en s’inscrivant dans le mouvement de l’Open Acces. Une très belle initiative, mais également une start-up réunissant une cinquantaine de collaborateurs dans divers pays. Pour tout savoir sur ResearchGate, nous avons interviewé Ijad Madisch.

Researchgate

Pouvez-vous présenter ResearchGate, et d’où est venue l’idée de créer un réseau social des chercheurs ?

ResearchGate est devenu le plus grand réseau social pour les scientifiques et les chercheurs. Nous avons actuellement plus de 1,3 millions de membres dans des disciplines très variées, telle la biologie moléculaire, l’intelligence artificielle, la bioinformatique, ou encore la génétique. Très simplement, notre plateforme est un outil pour faciliter la collaboration scientifique, à l’échelle mondiale. Une fois inscrits, les utilisateurs peuvent créer un profil, joindre des discussions, uploader et partager des articles, des publications de recherche, des conférences, et des offres d’emploi dans leur domaine.

L’idée de researchGate est née pendant mon doctorat à l’école de médecine de Harvard. J’étais coincé sur un problème, et j’essayais de le résoudre avec l’aide de l’un de mes camarades, qui vivait en Allemagne. Nous étions frustrés parce que nous nous sentions limités par les outils en ligne existants. C’est à ce moment que j’ai eu l’idée d’un réseau social pour scientifiques, une plateforme sur laquelle les chercheurs pourraient facilement travailler ensemble, partager leurs frustrations et leur expertise. Pour moi, la valeur ajoutée de ResearchGate réside dans la possiblité de faire avancer des projets de recherche lorsque l’on est bloqué, à l’aide de moyens qui n’existaient pas auparavant.

Pour un chercheur, quels sont les avantages de ResearchGate ? Quelles en sont les fonctionnalités ?

ResearchGate offre des outils utiles spécialement conçus pour les scientifiques. C’est un réseau social, d’accès libre. La plateforme encourage le partage de données, offre des applications collaboratives diverses, et une base de données de publications facilement accessible. Parce que le contenu du site est constamment mis à jour par les utilisateurs, il est possible de rester au courant de l’actualité de votre champ de recherche, et de vos centres d’intérêt. Le site facilite également les connections entre experts au sein d’une même spécialité. Les projets ne sont plus seulement confinés dans un seul laboratoire, une seule université ou le réseau professionnel d’un seul chercheur. Vous pouvez partager vos idées et débattre avec des collègues du monde entier. Et nous remarquons que plus les chercheurs nous rejoignent, et plus les échanges sur le site sont de qualité. Chaque jour, de vrais problèmes sont résolus dans les sujets de discussions des forums.

ResearchGate est maintenant le plus grand réseau social scientifique du monde, avec des chercheurs travaillant dans des domaines très différents : comment êtes-vous parvenus à asseoir votre notoriété dans tant des milieux si variés ?

Notre réseau attire des scientifiques de tous horizons parce que nos membres contribuent à délivrer des informations dans tous les champs de recherche. Il est certain maintenant que les chercheurs ont plusieurs domaines d’intérêt et d’expertise. ResearchGate est également devenu un espace de travail interdisciplinaire : si vous rencontrez des problèmes en travaillant avec une technique particulière, par exemple la culture de cellules souches, vous pourrez la rechercher sur ResearchGate et trouver d’autres personnes qui utilisent cette même technique, des discussions en cours, et la littérature sur le sujet. Les contenus disponibles sur la plateforme couvrent à la fois des sujets très larges et très pointus. Nous essayons aussi de faire en sorte qu’elle soit très simple d’utilisation, et nous sommes en permanence en contact avec les membres.

Pensez-vous qu’il existe une vraie communauté de chercheurs ?

Les chercheurs représentent depuis toujours une vraie communauté. Mais leurs moyens de communication étaient limités. Les projets restaient cantonnés à un seul laboratoire, ou, au mieux, à quelques labo qui collaboraient entre eux. Les rencontres annuelles et les conférences étaient traditionnellement les seuls endroits où les chercheurs pouvaient partager leurs idées et leurs travaux de recherche avec des collègues d’autres pays. L’évolution rapide de la technologie a ouvert les portes du changement dans la collaboration scientifique. ResearchGate est en train de devenir un point d’accès aux tout derniers résultats de recherche. Les chercheurs débattent, confrontent leurs points de vue avec leurs collègues – qu’ils se trouvent dans le même laboratoire ou sur un autre continent. Plus il y a de chercheurs à rejoindre ResearchGate, et plus la communauté scientifique existante est représentée en ligne. Nous avons vu que notre réseau social mène à l’échange de connaissances aussi bien au sein des communautés de recherche traditionnelles, comme les societies ou les instituts, que dans des communautés entièrement nouvelles, organisées par sujets, qui n’auraient peut-être jamais existé sans notre plateforme.

Avez-vous des exemples de projets qui ont avancé, ou ont été facilités, par ResearchGate ?

Des centaines de questions sont posées, et on y répond quotidiennement sur nos forums – en permettant aux chercheurs de trouver des réponses pour avancer dans leurs travaux. Rien que l’année dernière, plus de 12 000 questions ont été résolues par la communauté ResearchGate. Par exemple, un chercheur au Soudan avait besoin d’aide pour identifier un organisme microscopique inconnu. Il a reçu 17 réponses le premier jour, et, en deux semaines, 47 réponses de 27 pays différents !

L’utilisation de ResearchGate est gratuite, et il n’y a aucune publicité dessus : quel est votre business modèle ?

ResearchGate est complètement gratuit pour les membres, et le sera toujours. Le réseau a initialement été créé grâce à des fonds provenant de famille et d’amis, puis en septembre 2010 nous avons commencé un tour de table. Pour le moment, nous n’avons pas à nous soucier de nos revenus, et nous pouvons nous concentrer sur le développement d’outils et de fonctionnalités qui profiteront à toute la communauté ResearchGate.

Comment voyez-vous le futur de ResearchGate ? Quelles sont les pistes de développement ?

Nous pensons sincèrement que ResearchGate a le potentiel pour transformer un système dépassé, et imprimer une nouvelle manière de penser la découverte scientifique et la façon dont la recherche se diffuse. Nous voulons également changer la façon dont la réputation scientifique est mesurée, calculée et construite, en fournissant à nos utilisateurs des retours qualitatifs et en leur permettant de partager leurs découvertes de manière efficace.$

Le site ResearchGate

Commentaires

Laisser un commentaire

Il est possible d’utiliser ces balises HTML :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar