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Identité numérique

OccupyKlout, les indignés du Klout : Why u so serious ?

why u so serious Je m’étais promis de ne pas écrire d’article sur Klout, mesure d’influence aussi controversée qu’inutile. On a vu fleurir des billets partout cet été sur le sujet, expliquant en quoi Klout est un outil indispensable (pour ceux qui avaient un score élevé) ou pourquoi il n’était absolument pas pertinent (ceux qui se sentaient floué par leur rank). Billets aussi inutiles que le service dans la grande majorité des cas, il faut bien l’avouer. Tempête dans un verre d’eau. Il faut dire qu’un indice qui devient crédible des mois après sa sortie uniquement parce qu’un classement français des internautes influents sort, c’est un peu too much. D’autant que les seuls qui connaissent et s’intéressent à Klout sont ceux qui font partie de ce classement. L’influence est-elle mesurable à travers un compte Facebook ou Twitter ? Bien sûr que non. Les gens réellement influents, sur le web comme ailleurs, ont autre chose à faire que de passer leurs journées à mendier des likes et RT, à essayer de grapiller quelques clics vers leur blog ou à raconter leur vie sur les réseaux sociaux. Mais là n’est pas la question, nous avons lu bien assez de choses sur le sujet pour y retomber.

La vraie question concerne cette récompense à l’activité payée en monnaie influente sonnante et trébuchante. Depuis longtemps, le monde des personnes concernés par le microcosme de la nouvelle blogosphère (blogs + Twitter + pages fan) se divise en deux catégories. Ceux qui se rémunèrent à travers une quelconque monétisation, et ceux qui se paient en crédibilité ou en personal branding. Les deux peuvent être liés, remarquez. Nombre de consultants sortis de nulle part ont tenté de légitimer leurs prestations à travers une omniprésence en ligne. C’est forcément plus pratique pour aguicher le client. D’autres préfèrent apporter de l’eau au moulin de leur égo, s’enfermant dans une recherche perpétuelle d’une reconnaissance qu’ils n’ont probablement pas IRL. Ne sous-estimons pas les bienfaits (?) du web dans la construction d’une estime de soi, se croire influenceur peut soigner les frustrations d’une vie passée à être transparent. Et bien aider dans la relation avec les marques, aguichées par tant de pouvoir de prescription. Le mouvement a été parfaitement parodié hier par Rainn Wilson, l’énorme acteur de The office, sur son compte Twitter. Ce dernier a publié publiquement un message destiné à être un message privé : « Joanne, dis à Deltaco que j’accepterais 12 000 dollars pour parler de leur bouffe de m**de« . Cela quelques minutes avant de publier le fameux tweet de réclame. Un faux bad buzz qui ne peut être qu’un fake imaginé pour se moquer du système (comment pourrait-il en être autrement ?)

rainn wilson
Finalement, peu importe me direz-vous. Que certains fassent une obsession sur Klout, ce n’est pas très grave, cet indice prendra la relève des anciens indicateurs discutés, du type classement Wikio. Mais c’était vrai jusqu’à hier et ce crime de lèse-majesté : Klout a baissé les scores d’une bonne partie de ses utilisateurs ! La dégringolade est rude pour ceux qui basaient leur humeur de la journée sur la consultation de leur profil. Miroir Klout, mon beau miroir, dis moi qui est le plus… Quoi ? Mais c’est un scandale ! Mon score a baissé de 43 points ! Les réactions ne se sont pas faits attendre, plus rapides qu’un défilé de CM mécontents criant au bad buzz sur la page Facebook de Cora. L’organisation fut rapide, façon Anonymous influents, et un mouvement protestataire est lancé : OccupyKlout. Il a même son hashtag sur Twitter : #occupyklout. C’est vrai quoi, gardons en tête les choses importantes dans la vie, comme Klout. Chambouler une construction de l’égo qui réclame autant de temps et d’attention, c’est un péché ultime.

occupy klout
Près de 1000 commentaires indignés et des milliers de tweets plus tard sur leur blog plus tard, Klout se frotte les mains, profitant d’une deuxième vague de buzz. Oui, les internautes sont un vrai contre-pouvoir. Ils peuvent s’unir pour une cause et faire pression sur les gouvernements et entreprises en multipliant les messages. On se demande simplement parfois comment ils choisissent leurs causes. Arrêtons de perdre notre temps à nous regarder le nombril, il serait bien utiliser à créer du contenu, sous quelque forme que ce soit. Il y a tellement matière à s’indigner qu’honnêtement, on frise le ridicule là, non ?

Dans un autre style, allez lire l’ami Cyroul

Commentaires

  1. olivier
    27 octobre 2011 - 10h30

    Joli billet, il est vrai que sur terre, pas seulement dans le monde du blogging les gens aiment regarder leur nombril….Dans le monde du blogging cela se remarque d’autant plus qu’il y a plein de façons de flatter son égo…Je trouve tous ces systèmes une perte de temps considérable…il n’apporte aucune valeur ajoutée…

  2. romain blachier
    27 octobre 2011 - 10h43

    excellent billet, notamment sur la recherche de profit notamment symbolique, sur les réseaux sociaux. Je suis un peu agacé, depuis environ un an, par la baisse de qualité média twitter (oui on ne peut parler ainsi de qualité ou non, je sais, je simplifie à l’extrême).

    Il est contrairement, à ce qu’on pense, de plus en plus difficile d’y communiquer autrement que sur des sujets geeks ou kikoolol. Il est, à part peut-être hier sur l’histoire de Cora, utile, difficile aussi d’y faire passer des choses constructives. Dommage.

  3. Baptiste Legrand
    27 octobre 2011 - 10h57

    Excellent billet, j’applaudirais si je n’étais pas devant mon écran. Klout est le symbole de la vanité de ces gens, dont les postures et impostures nuisent à l’industrie du web – qui s’inscrit dans un vrai monde, qui a des problématiques bien réelles, et qui se fout bien du KloutScore.

    S’indigner à propos de Klout, mais quelle vacuité, surtout en ce moment.

  4. Cendrine Marrouat
    27 octobre 2011 - 13h12

    Excellent article, merci! J’ai passé une partie de ma soirée sur la Fan Page de Klout à me bagarrer avec ces faux influenceurs qui ont oublié la règle essentielle du social media: Les relations humaines.

    Je me sers de Klout très rarement, et j’ai appris par les râleurs qu’apparemment, un score Klout bas pourrait nous valoir une perte de clients ou un refus d’emploi. Ceci me fait vraiment rire. Il y a deux ou trois ans, on devait encore présenter des références aux futurs employeurs et nos clients, eux, devaient se contenter des commentaires faits par d’autres clients sur notre travail. Le monde est en train de perdre pied, trop focalisé sur son petit nombril.

    On devrait mettre en place un contre-mouvement #OccupyOccupyKlout. lol

    Bref, du coup, j’ai écrit un article en anglais sur le sujet: http://www.creativeramblings.com/is-social-media-just-about-numbers-these-days/.

  5. genaro
    27 octobre 2011 - 17h03

    Mais franchement qui s’occupe de son klout ? Ca ne peut pas être un objectif décent, c’est simplement un indice d’actvité pour ceux qui mènent des campagnes, rien de plus. Et il en existe bien d’autres.

    « D’autres préfèrent apporter de l’eau au moulin de leur égo, s’enfermant dans une recherche perpétuelle d’une reconnaissance qu’ils n’ont probablement pas IRL »
    (…)
    « s’enfermant dans une recherche perpétuelle d’une reconnaissance qu’ils n’ont probablement pas IRL »

    Tu dois être bien énervé, parce que l’analyse est un peu caricaturale entre les pro-personal branding et les chercheurs d’or… Il n’existe AUCUNE voie alternative ? Tu te classes dans quelle catégorie du coup ?
    Même si je suis plutôt d’accord sur le fond hein…

  6. Paul-Henri
    28 octobre 2011 - 2h26

    Je viens de tomber sur l’article, j’ai un peu loupé le ramdam (décalage horaire oblige, vous me comprendrez)

    Je rejoins Genaro sur le côté énervement; Et comme tu dis si bien, beaucoup de choses ont été dite (pas toujours intéressant d’ailleurs) mais la vraie raison de ton article m’a poussé à écrire ce commentaire — et cela a donc marché : Klout n’est qu’une variable inconnue qui laisse prétendre à une sorte de Saint-Graal du digital. En l’état c’est un peu bullshit.

  7. Flav
    28 octobre 2011 - 9h44

    @Olivier : effectivement, cela fait parfois perdre de vue les vrais objectifs.

    @Romain : c’est le côté cour de récré :)

    @Baptiste : l’échelle de valeur peut parfois être étrange, il faut croire…

    @Cendrine : bonne idée le contre-mouvement :D Et effectivement, perdre des clients ou se faire refuser un poste pour cause de Klout, j’aimerais bine voir ça…

    @Genaro : bien sûr qu’il existe des alternatives. Et fort heureusement, elle concerne la majorité des internautes/blogueurs/twittos. Énervement, un peu, mais ça reste mesuré hein ;-) Disons que le #occupyklout m’a quand même fait halluciner. Et la capacité de certains à ne s’occuper que de leur Klout à longueur de journée, d’en faire un cheval de bataille ou de réclamer du +k est assez bluffante. Ma réaction est un peu épidermique mais je ne voyais pas l’intérêt de faire un billet de plus expliquant que Klout est « simplement un indice d’activité pour ceux qui mènent des campagnes, rien de plus ». C’est complètement vrai, mais certains ont tendance à l’oublier. Bref, le décalage profond entre les vraies problématiques et les indignés du Klout était tel que je ne pouvais que réagir.

    @Paul-Henri : bullshit, c’est un bon résumé :)

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