Le média des professionnels du digital
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MonVigneron rapproche producteurs de vin et consommateurs

Flavien Chantrel, le 20 septembre 2011

mon vigneronMon Vigneron est un projet créé par Benjamin Gorski et Sarah Lacroix, deux sympathiques Bordelais. Baignant dans le web depuis de nombreuses années et passionnés de vin, ils ont décidé d’utiliser ces compétences et connaissances pour créer une start-up au concept très prometteur. Mon Vigneron se présente en effet comme une place de marché libre et gratuite à destination des professionnels du vin. D’un côté, les producteurs peuvent s’ouvrir un espace pour proposer leurs vins, leurs prestations d’oenotourisme ou encore leur agenda. De l’autre, les visiteurs du site peuvent acheter les bouteilles et prestations de leur choix aux prix domaines, soit moins cher que dans le commerce. Tout le monde y gagne, des domaines aux passionnés.

Avec un concept solide et une équipe passionnée et compétente, on ne peut que s’attendre à un succès. C’est tout ce qu’on souhaite à Mon Vigneron. Avant d’aller faire vos emplettes sur le site, voici une interview des deux fondateurs, Benjamin Gorski et Sarah Lacroix, qui vous expliquent les coulisses du projet. Et n’oubliez pas de les suivre sur Twitter et Facebook !

  • Comment présenteriez-vous Mon Vigneron en quelques mots ?

SL : Mon Vigneron est une place de marché dédiée au vin et à l’oenotourisme en France. Sur le site, les vignerons disposent d’un espace personnalisé qu’ils gèrent eux-mêmes et qui leur permet notamment de présenter leur domaine viticole, leurs activités et de commercialiser de façon simple leurs bouteilles de vin sur Internet. Pour l’internaute, le site est un guide des vignobles, des vins et de ses activités, un moyen de répondre simplement à leurs multiples questions face à une bouteille de vin : d’où vient-elle? qui la produit? quelles sont les spécificités de chaque terroir? Mon Vigneron est un site de social commerce où les internautes curieux de vin peuvent partager leurs avis et leurs expériences autour de leurs visites, expériences, et dégustations vin !

  • D’où est venue l’idée de lancer ce site ?

BG: C’est à partir de 2004 que je suis arrivé très indirectement sur le web. Travailler dans le secteur de la musique m’a appris à exploiter un maximum de services gratuits (2.0 tels que Myspace ou places de marché comme Digitick) afin de tirer une activité économique des sites pour lesquels je travaillais à l’époque. C’est ensuite en 2008, alors que je travaillais dans une grosse agence media parisienne, que m’est venue l’idée d’agréger des fonctionnalités pour monter un service spécifique aux vignerons. Internet peut être un canal d’acquisition très important quand on veut tirer profit d’une activité et que l’on est pas particulièrement connu ou lorsqu’on a un budget réduit. Je me suis donc dit qu’il fallait un site spécialisé pour que ces nombreux professionnels du vin et de l’oenotourisme puissent également tirer profit de leur présence online.

  • On imagine que vous devez être plutôt amateurs de vins !

BG : Pour ma part, c’est surtout une passion pour la cuisine. Par la suite, c’est au cours de mes études en Bourgogne et mes nombreuses escapades en région qui m’ont rendu complétement fou de vin et d’oenotourisme. J’ai même fait les vendanges sur des parcelles de Pommard et Volnay en 2005 juste pour l’expérience, et j’en garde toujours un très bon souvenir malgré les intenses courbatures.

SL : Je suis originaire du Val de Loire, c’est vrai que j’ai été assez tôt sensibilisée au terroir, à la gastronomie et au Chinon : ) Mes grands-parents possédaient modestement quelques vignes à la campagne. Mais c’est surtout lorsque j’ai rejoint la Bourgogne que j’ai entrevu toutes les facettes du vin : nous étions reçus avec une extrême convivialité aux domaines lors de visites, et les propriétaires se faisaient toujours une joie de partager leur passion pour la vigne. J’ai commencé à avoir mes petites habitudes chez les producteurs et cavistes de la région… Depuis, il y a toujours une bouteille de vin sur la table lorsque j’organise un cocktail ou dîner !

mon vigneron

  • Quelle est l’ambition de Mon Vigneron ?

BG : A la différence de nombreux sites de vin, l’inscription sur le site pour les professionnels est totalement gratuite. Nous proposons également une visibilité nationale pour les domaines viticoles et structures touristiques. Par exemple, j’apprécie tout autant l’Alsace que la Bourgogne pourtant, pas un seul site un peu sympa ne me propose un service national, il faut à chaque fois rechercher le site concerné et se construire une nouvelle expérience utilisateur sur celui-ci, c’est forcément déceptif. Je suis convaincu qu’il faut une offre nationale et structurée pour pouvoir intéresser l’internaute et lui offrir un vrai service. L’internaute a besoin de comparer, et pour cela, il doit disposer d’une offre aussi large que profonde dans le domaine du vin et de l’oenotourisme partout en France. Nous faisons par ailleurs le choix de mettre l’ensemble des régions sur un pied d’égalité pour rompre avec un marché tourné sur lui-même.

  • Quel public souhaitez-vous toucher ?

SL : Une clientèle familiale, plus jeune et un peu plus féminine que les sites e-commerce de vin classiques. Nous avons constaté que les gens partent de plus en plus sur un coup de tête pour un court weekend, soit pour fuir le bruit et la pollution soit en raison des « boxes » que l’on vous offre à Noël. L’oenotourisme concerne 5 millions de touristes français par an, nous avons pour objectif de toucher tous ceux qui vont avoir l’envie de rencontrer et partager un instant viticole, une visite de domaine, une dégustation ou un achat de vins en ligne sans pour autant être connaisseur. Nous nous adressons donc aux amateurs et curieux de vin qui apprécient les escapades gourmandes et sensibles aux produits authentiques.

  • Combien de personnes travaillent actuellement à plein temps pour le site ?

BG : C’est flexible. Nous avons un socle de 4 personnes qui mutualisent des compétences web bien spécifiques, ce qui nous permet de gérer en interne le projet de A à Z. Nous disposons comme toute start-up de stagiaires qui s’investissent avec intérêt dans le projet et apprécient la valeur ajoutée que le site apporte aux domaines.

  • Quel est l’intérêt pour un vigneron de s’inscrire sur le site ?

BG : Nous avons voulu construire le site comme un outil de web marketing pour les vignerons. Ils peuvent venir s’inscrire gratuitement, monter leur espace de communication en quelques minutes, y ajouter des vidéos, photos, textes, ainsi que les informations d’accessibilité aux visites. Ils bénéficient ainsi d’un support media dynamique et peuvent également utiliser la plateforme pour commercialiser directement leurs vins ; et bientôt leurs prestations d’hébergement car 20% de nos propriétés proposent également les nuitées au vignoble. Nous simplifions pour ces professionnels toute la démarche d’une activité online tout en leur permettant d’intégrer une communauté que nous nous chargeons d’animer pour eux. C’est une forme de Myspace pour les vignerons mais encore plus simple à gérer !

SL : Non seulement les pages « domaine » permettent aux vignerons de gagner en visibilité mais celles-ci deviennent un canal d’acquisition de fans et followers à part entière ! Les professionnels du vin peuvent en effet directement ajouter sur leur page leur likebox Facebook ou le bouton « Follow » Twitter. Et comme nous savons que peu de châteaux ont créé un poste spécialement pour la communication, nous avons essayé de réduire au maximum le temps à consacrer pour mettre à jour ses réseaux sociaux : les utilisateurs du site peuvent ainsi publier un statut en un clic à la fois sur Mon Vigneron, Twitter, Facebook et LinkedIn (et bientôt sur Google+).

  • Et pour l’internaute ?

SL : Ne plus se poser de questions sur les vins qu’il achète en ligne ou sur la manière de préparer sa route des vins ou sa dégustation. Sur le site, nous mettons en avant la transparence du produit et son authenticité, l’internaute peut se faire son avis en fonction des commentaires des autres internautes, et peut ensuite partager sa propre expérience avec les autres membres ou professionnels. Pour préciser la problématique, les Offices du Tourisme ne sont pas autorisés à vous conseiller spécifiquement un domaine à visiter ou une activité, ils vous donnent des informations mais c’est au hasard que vous devez faire votre choix. Nous essayons donc de combler ce déficit d’information en donnant un maximum d’éléments aux internautes pour préparer leur séjour viticole.

mon vigneron

  • Le vin et l’œnologie sont-ils des sujets dont on discute activement sur le web ? Y’a-t-il une communauté particulière autour de cette thématique ?

BG : En 2008, quand m’est venue l’idée, le marché du vin était cannibalisé par 4 à 5 grands sites marchands spécialistes et généralistes. Pour autant, il s’agit d’un secteur agricole et rural où les pratiques sociales et la technologie ont pris du temps à percer. C’est au fil de ces 3 dernières années que les sites à tendance 2.0 ont émergé en France, notamment parce que le vin présente un problème bien spécifique : comment se faire un avis avant l’achat pour un produit que l’on a jamais goûté auparavant ? Les communautés actuelles sont donc tournées sur l’échange d’avis et de notes de dégustation mais les modèles économiques de ces sites sont actuellement en quête d’innovation.

SL : Au final, le web redonne au vin son caractère social et la communauté d’internautes amateurs de vin croit de jour en jour. Notre Twitter rassemble par exemple déjà plus de 1 000 followers !

  • J’imagine que vous avez-vous aussi un vin préféré…

BG : Oui, les Bourgognes ! Mais plus généralement, j’aime les vins rouges puissants et les blancs secs.

SL : J’aime aussi tout ce qui est puissant : Pomerol, St-Estèphe, la Côte de Nuits, et j’apprécie particulièrement les vins étrangers pour l’apéritif, on dirait presque des confiseries (mais réservées aux adultes).

  • Alors, s’il ne devait en rester qu’un (ou qu’un producteur) sur le site, ce serait lequel ?

BG : On ne peut pas vraiment comparer les vins car ceux présents sur le site sont vraiment très différents les uns des autres, et j’ai tendance à dire que les choix sont surtout question d’humeur, de moment ou d’accompagnement, comme la musique finalement…

  • Concilier deux passions (le web et le vin) dans son travail, cela doit être assez magique.

SL : C’est vrai, nous nous sommes lancés dans ce projet pour travailler pour ce secteur qui nous passionne, tout en y exploitant nos connaissances web. C’est donc un projet passionnant, une aventure entrepreunariale intense pour un projet à la fois complexe et ambitieux. C’est avant tout un vrai challenge, nous dirons peut être magique d’ici quelques années !

  • Pas trop dure la séparation vie privée / vie pro du coup ?

BG : L’entreprenariat est jonché d’obstacles divers qui ne peuvent vous éviter d’être à un moment contrarié entre deux victoires. Nous sommes avant tout complémentaires, chacun fait ce qu’il aime faire sans jamais marcher sur les pieds de l’autre. Ce projet est également une forme de projet de vie qui nous prend 80% de notre temps.

SL : En effet, lorsque l’on monte son projet, on sait quand il commence mais jamais quand il se terminera… autant être bien convaincus par le projet car cela n’offre inévitablement que peu de temps libre.

  • Quelles sont les prochaines étapes pour vous ?

BG : Nous sommes arrivés aujourd’hui au lancement commercial de l’activité, et c’est une grande victoire d’avoir prouvé à nos détracteurs que des producteurs pouvaient prendre en main un tel outil de web wine marketing. Après 20 mois de travail, nous sommes encore un petit OVNI sur le marché du vin, nous devons encore développer l’étendue de nos services, faire grandir notre notoriété et répondre à notre objectif ‘service’. Par ailleurs, entreprendre et se lancer sur Internet est financièrement extrêmement complexe, les banques ne vous prêtent pas et les institutionnels chargés du développement du numérique, malgré leur grand nombre, ne disposent d’aucun moyen financier pour véritablement soutenir les entrepreneurs. Il faut donc trouver les ressources financières pour amorcer seul l’activité sur tous les plans. Face à cette situation, nous avons pour objectif d’effectuer une première levée de fond à court terme, mais très certainement hors de l’Aquitaine car nous ne trouvons pas de structure appropriée ici. Nous souhaitons donc faire avancer encore plus vite le projet et sortir de nouvelles fonctionnalités, toujours dans l’optique d’offrir le site vin et oenotourisme le plus complet sur le territoire français !

Le site Mon Vigneron
La page Facebook Mon Vigneron
Le compte Twitter Mon Vigneron

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Commentaires
  1. gpehan dit :

    J’habite en Bourgogne et connais les vins que vous indiquez… loin d’être de la piquette, il devrait les vendre plus chers pour éviter ce genre de jugements hâtifs. C’est triste que les professionnels doivent monter les prix pour être pris au sérieux.

  2. François NAUTRÉ dit :

    @gpehan je veux bien croire, effectivement c’est le prix étonnamment bas qui m’a fait penser cela.

  3. gpehan dit :

    @François : il s’agit de prix « domaines », qui changent des 30 à 50% de marge des cavistes et de la grande distribution, on nous a mal habitué 🙁

  4. Est-ce que le site compte assez de références ? Achats groupés ?

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