Les métiers porteurs du numérique : quels postes recruteront demain ?

lightroom-workersFin novembre, nous réalisions un décryptage sur la reconversion dans les métiers du numérique avec l’IFOCOP. Nous renouvelons aujourd’hui notre partenariat avec l’institut certifié de formation pour vous proposer un focus sur les métiers porteurs du numérique : quels postes recruteront demain ? Nous nous sommes intéressés à la typologie des entreprises qui recrutent, aux métiers du web les plus recherchés par les recruteurs, aux compétences à acquérir dans le numérique, aux diplômes et formations à privilégier et aux atouts de la reconversion vers les métiers du web. Un grand merci à Thierry-Jehan Bassigny (IFOCOP), Nathalie Teran (Be Parent), Jérémy Cacoub (SevenCleek), Thomas Chardin (Parlons RH), Jérôme Thierry (Meedle), Christophe Ollivier et Sami Radi (Virtuoworks) pour leurs contributions.

Les entreprises qui recrutent

Jérémy Cacoub identifie principalement deux types d’entreprises : « les ESN recrutent beaucoup de profils digitaux. Citons aussi les cabinets de conseils en stratégie, souvent de taille plus humaine. Historiquement, il y a évidemment les web agency, mais elles sont généralement déjà bien staffées, donc elles recrutent principalement pour parer au turn-over ou pour accompagner leur croissance. Dans une moindre mesure, citons les grands annonceurs, qui se digitalisent depuis quelques années, mais qui ont tendance à passer par les sociétés de consulting pour recruter. Les PME recrutent un peu de profils web, mais cela reste limité ».

Thomas Chardin estime aussi qu’en termes de taille d’entreprise ce sont principalement les ETI et les grandes entreprises qui recrutent des profils web. « Je ne pense pas que les TPE voire les PME aient ce genre de préoccupations actuellement. On ne peut pas parler de fracture digitale, c’est plus progressif que cela en fonction de la taille des structures, mais les petites entreprises, soit la majorité du tissu économique français, sont peu concernées. Elles ne couvrent toutefois pas la majorité des emplois. » Jérôme Thierry (Meedle) est sur la même longueur d’ondes, estimant également que « les collectivités et les grandes entreprises ont besoin des professionnels du web – les agences ne sont pas les seules à recruter ».

Christophe Ollivier et Sami Radi considèrent également qu’on peut identifier deux types d’entreprises : « les prestataires de services (B2B) et les entreprises dont le cœur de métier passe par une activité sur le web (B2C) ». Les dirigeants de Virtuoworks observent que « les entreprises dont le cœur de métier est lié au web sont de plus en plus nombreuses. Certaines activités, historiquement en présence physique, sont devenues principalement virtuelles comme la vente de billets de trainavec Voyages SNCF. Toutes ces entreprises cherchent à recruter des profils orientés web pour accompagner les changements de mode de consommation. »

S’il « n’existe pas de type exclusif d’entreprises qui recrutent web », Thierry-Jehan Bassigny, directeur du Pôle Digital d‘IFOCOP, remarque que « l’ensemble de l’économie se digitalise. Nous parlons de métiers digitaux, alors qu’en réalité, il faudrait plutôt se demander quels sont les postes qui se digitalisent. Et la réponse est : pratiquement tous, du moins dans le tertiaire ».

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Les métiers populaires du numérique

Depuis des années, les métiers du développement ont la cote. « Les développeurs PHP et Full Javascript » sont notamment cités par Thierry-Jehan Bassigny. Mais d’autres métiers ont fait leur apparition : « community manager, chef de projet Agile, scrum manager, data scientist, chef de projet e-CRM, traffic manager, product owner, knowledge manager… ».  Selon Jérôme Thierry, les développeurs ont désormais besoin d’autres professionnels autour d’eux pour que les projets web soient complets. Il remarque que « la création de petits sites à 5 pages sur un seul modèle n’existe plus depuis longtemps, les demandes vont plus loin et nécessitent donc des intervenants spécialisés ». Du côté du marketing, « le community manager ou en tout cas celui qui chapeaute toute la partie marketing et réseaux sociaux est indispensable ». Il insiste également sur l’importance de la polyvalence. « La vidéo devrait encore accentuer sa popularité. Le rédacteur web va rester indispensable, mais la vidéo va être un média plébiscité pour passer de l’info. »

Jérémy Cacoub cite « les métiers de la GDC (Gestion des données et de la connaissance) et du Big Data (data miner, data scientist, data analyst…) pour connaitre son client, ses habitudes, ses usages et dresser des profils pour être réactif sur les besoins actuels et futurs ». L’ensemble des personnes interrogées reconnaissent l’importance de l’analyse des données et les besoins associés en professionnels qualifiés. Jérémy cite également les métiers du e-CRM et des objets connectés (IOT).  « D’ici 2020, certains cabinets d’étude spécialisés prévoient 30 objets connectés par foyer. Il faut donc s’attendre à de nombreux métiers orientés vers ce secteur. »

Les métiers du développement, du marketing, du contenu et ceux liés à l’analyse des données sont également mis en avant par Nathalie Teran (Be Parent) : « chef de projet éditorial ou rédacteur, développeur, chef de projet, chargé de marketing… Notre start-up est fortement basée sur de l’éditorial, ce sont des métiers qui nous intéressent particulièrement. Nous aurons certainement de forts besoins pour l’analyse des données avec des Data analysts. Nous aurons des données sensibles à gérer, et nous devrons donc avoir des spécialistes de la sécurité et de l’encryptage.»

Dans tous les cas, les métiers devraient rapidement évoluer. Thomas Chardin ressent « une forte attente en matière d’évangélisation interne des équipes, de métiers de conseils, de transformation digitale et de diagnostic, notamment en e-réputation. Le fameux poste de Chief Digital Officer correspond bien à ces thèmes, mais ne devrait logiquement plus exister dans quelques années. Il a forcément une approche très transverse pour mettre en mouvement l’entreprise, mais s’il fait bien son job, il va scier rapidement la branche sur laquelle il est assis ». Du côté des autres métiers, il cite ceux qui « servent à nourrir la conversation et la visibilité, à attirer le candidat, à fidéliser le collaborateur ou à vendre en BtoB et BtoC. Les conversations ne vont pas s’auto-générer, il faudra quelqu’un pour les animer et les alimenter. Rédacteur web, content manager, community manager, référenceur… La demande devrait augmenter car ce sont des compétences clés. Un autre grand axe sera celui des données. Collecte, accès, analyse, traitement, restitution… ».

Outre ces professions, Christophe Ollivier et Sami Radi mettent en avant « les métiers de la promotion et de la communication (rédacteur web, référenceur, community manager…), ceux de la création de sites web (développeur front-end, back-end, full-stack…) et les métiers hybrides, « mi-fonctionnels mi-techniques » qui incluent des considérations liées à la mise en avant du site Web et des considérations techniques (graphiste intégrateur, webmaster, chef de projet Web…). »

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Les compétences et les diplômes pour travailler dans le numérique

En lien direct avec ces métiers, les compétences les plus recherchées par les recruteurs sont « les compétences transverses liées à la gestion de projet, souvent doublées de compétences techniques ou fonctionnelles », selon Jérémy Cacoub. Jérôme Thierry insiste quant à lui sur l’aspect humain et l’expérience des candidats : « Les premiers échanges et la phase d’essai vont être très importants. L’expérience est également clé, même si elle n’est pas totalement centrée sur le web ». Christophe Ollivier et Sami Radi sont du même avis. Ils mettent aussi en avant l’aspect humain, le sens du relationnel et la relation client. Sont également cités « le sens de l’organisation, de la rigueur, et de l’autonomie ». Sur le plan technique, ils estiment que « tous les profils doivent connaître le HTML5/CSS3 et que les développeurs doivent maîtriser au moins le JavaScript ou le PHP et un framework/CMS associé à ces langages ».

Pour maximiser leurs chances d’être recrutés, les professionnels qui cherchent un emploi doivent être « curieux sur les nouvelles technologies et être dans une veille permanente ». Nathalie Teran cite également l’autonomie et la maturité des candidats. Thomas Chardin insiste quant à lui sur les soft skills : « maturité vis-à-vis du digital, enthousiasme, curiosité, dynamisme, capacité à travailler dans un environnement qui évolue vite… »

Du côté des diplômes, tout dépend du métier. Pour Nathalie Teran, le diplôme a encore un intérêt pour les postes techniques. « Il fait office de certification. Néanmoins, la porte n’est pas fermée aux autodidactes passionnés ». Pour les autres métiers, Christophe Ollivier et Sami Radi rappellent que ce sont des professions relativement jeunes : « une partie des diplômés en communication ou journalisme n’ont pas reçu de formation aux technologies Web dans le cadre de leur formation initiale ce qui représente un frein à leur embauche ».

« En France, l’offre de formation est assez large, que ce soit dans le public ou dans le privé. Il est donc difficile de citer tel diplôme par rapport à tel autre », selon Thierry-Jehan Bassigny. Il différencie « les formations qui vont vers le professionnel, comme celles de l’IFOCOP qui sont très opérationnelles, et celles plus académiques. Cela dépend surtout de ce que l’on veut faire : accéder directement au marché de l’emploi ou envisager la poursuite d’études ».

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La veille, pierre angulaire de l’employabilité des candidats

Concernant les candidats, les professionnels que nous avons interrogés sont unanimes : la veille est primordiale. Nathalie insiste sur l’investissement personnel : « lecture d’articles, de blogs, autoformation… ». Selon Jérôme, il faut « s’intéresser à tous les métiers du web, mais pas que, les nouvelles technologies amenant de nouvelles applications… S’informer, lire des magazines en ligne et s’imprégner des tendances pour comprendre ce qui va évoluer ou révolutionner le secteur ». Jérémy estime que « la veille est primordiale, notamment sur les tendances exogènes au marché de l’emploi. Cela peut être un pari sur les technologies émergentes quand on croit en leur potentiel. On peut se renseigner sur ce que les centres de formation mettent dans leurs catalogues, ils sont souvent bien informés et choisissent des spécialisations porteuses. Les sites d’offres d’emploi sont également un bon indicateur de tendances, avec les volumes d’annonces selon les postes ».

La veille est ainsi incontournable dans le cadre d’une reconversion. Selon Christophe et Sami, « La première chose à faire pour déterminer le métier du web vers lequel entamer sa reconversion professionnelle est de commencer par s’imprégner. Lire des articles sur les métiers, des témoignages, se renseigner sur les rémunérations, les évolutions mais aussi des articles de journaux et de blogs spécialisés qui donnent des informations généralistes sur l’informatique et le web en particulier. Rencontrer des informaticiens qui travaillent dans le web ou d’autres profils, leur poser des questions sur leur vécu, ce qu’ils aiment dans leur travail, ce qu’ils aiment moins ».

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Les atouts de la reconversion vers les métiers du numérique

La reconversion fait partie des voies d’accès vers les métiers du web. Nos interlocuteurs l’ont souligné, l’expérience est importante pour les recruteurs, qu’elle soit directement liée ou non au numérique. La reconversion constitue « une force par rapport à la concurrence des entrants sur le marché du travail, car cela permet d’avoir déjà une expérience dans un autre domaine et une certaine maturité pour s’intégrer dans l’entreprise » selon Jérémy. Jérôme considère également que la reconversion est un atout considérable : « avoir exercé un autre métier apporte une expérience et des compétences complémentaires. Avoir connu d’autres sociétés, d’autres manières de travailler, cela ne peut être que positif. La capacité de remise en question permet aussi de se remettre beaucoup plus facilement à jour au niveau du savoir-faire tout au long de sa carrière, c’est un signal fort. »

Si la reconversion a le vent en poupe, c’est parce que les métiers du web offrent des perspectives d’embauche et de carrière intéressante, et parce que « les doubles compétences sont particulièrement appréciées », tant pour les métiers de la communication que du développement, selon Christophe et Sami.

Thomas a eu l’occasion de recruter plusieurs professionnels issus d’une reconversion, à travers une formation à l’IFOCOP. Il a apprécié la diversité des personnes reconverties : « elles ont une richesse, une expérience professionnelle, qui même si elle n’a rien à voir de prime abord avec ce pour quoi elles postulent, peut être complémentaire de leur nouveau poste. Les personnes en reconversion démontrent de plus une vraie envie, une soif d’apprendre, et ne demandent que l’opportunité de le prouver. Cette différence m’intéresse très fortement ».

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Pour aller plus loin

Cet article a été rédigé en partenariat avec l’IFOCOP, institut de formation pour adultes qualifié et conventionné par le Ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. Spécialisé dans le domaine du tertiaire, il permet à 2 500 professionnels d’être formés chaque année, dans l’un des 10 centres de formation de l’IFOCOP. Les formations durent 8 mois (4 mois de cours, 4 mois en entreprise) et sont diplômantes ou certifiantes. Le taux de retour à l’emploi est supérieur à 80%, moins d’un an après le démarrage de la formation (source : Études Emploi pour le Ministère des PME). Le pôle web et digital de l’IFOCOP a été créé en 1998 et propose de nombreux cursus formations-métiers, dans trois domaines d’expertise :

  • Développement : développeur intégrateur web (JavaScript full stack, PHP orienté objet…)
  • Marketing : chef de projet digital, chef de projet e-CRM, motion webdesigner…
  • Création de contenus : rédacteur référenceur, chargé éditorial web…

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Outre l’IFOCOP, par l’intermédiaire de Thierry-Jehan Bassigny, directeur du Pôle Digital, six spécialistes du numérique ont accepté de répondre à nos questions. Un grand merci à :

Thomas Chardin

Fondateur et dirigeant de Parlons RH, agence de webmarketing éditorial et digital pour les acteurs des ressources humaines et du management.

Nathalie Teran

Directrice des opérations de la start-up Be Parent, une application de coaching parental pour les jeunes parents, au sein de l’ESN West Interactive.

Jérémy Cacoub

Business developer et co-fondateur de SevenCleek, pôle consulting et formation de la société ArCynerJ, une ESN hybride fondée en 2014. Son activité vise à détecter et placer des profils du numérique à haute valeur ajoutée auprès de clients grands groupes.

Jérôme Thierry

Fondateur de la société Meedle, qui propose des prestations de communication web (webdesign, développement, réseaux sociaux, marketing, création de logo…), et co-dirigeant de la société Drony, spécialisée dans la photo et la vidéo aérienne.

Christophe Ollivier et Sami Radi

Co-gérants de la société Virtuoworks, entreprise de service du numérique qui propose des prestations de conseil, développement, maintenance et formation dans le domaine des technologies internet Open source et du logiciel libre.

Cet article a été rédigé en partenariat avec l'IFOCOP

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