L’ovni Twitter au Mali – What Women Wish

Note : ce billet a été écrit par Fanny Le Gallou dans le cadre de notre partenariat avec What Women Wish. Pour plus d’infos sur le projet, n’hésitez pas à lire l’interview des fondatrices et le billet de présentation.

Ces deux dernières années, l’accès à Internet s’est considérablement développé sur le continent Africain, principalement grâce à l’avènement du web mobile. Si elle souffre toujours malgré tout d’un certain manque d’accès au web, la population africaine n’en est pas moins accro au clic. Et en Afrique, qui dit Internaute dit réseau social. « Des études indiquent que lorsque les Africains se connectent sur Internet (principalement avec leurs téléphones mobiles), ils vont plus souvent sur les réseaux sociaux La messagerie, la recherche de renseignements et la consultation de sites d’informations sont devenues des activités secondaires. » explique André Michel Essoungou sur le site Mutations Business dans l’article « Le boom des réseaux sociaux en Afrique »

Un intérêt qui a généré l’apparition de nombreux réseaux 100% africains, à l’instar d’Afrigator , Ushahidi , Kerawa ou encore Zoopy . « Les réseaux sociaux ne se comptent plus en Afrique, tant il en naît chaque jour. » confirme Antoine Labey, journaliste, sur le site Inaglobal. Si Mxit, est devenu le principal réseau d’Afrique du Sud avec 28 millions d’abonnés, le roi incontesté des réseaux sociaux en Afrique reste Facebook. Avec 17 millions de profils et un taux de croissance exponentiel (plus de 55% par mois depuis début 2011), « c’est le site Web le plus visité dans la plupart des pays africains » confirme André Michel Essoungou sur le site du magazine Afrique Expansion Chedjou Kamdem du blog Kongossalive allant même jusqu’à affirmer que « Facebook est devenu une activité journalière chez l’africain au même titre que la prise d’un repas ».

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Le Mali, avec près de 110 000 utilisateurs et un taux de progression de +90.29% sur les 6 derniers mois figure également au rang des accrocs. « Il y a des gens qui se créent des boites mails uniquement pour aller sur Facebook » affirme Constan Akplogan, gérant d’un cyber à Sabalibougou, quartier de Bamako. Pourtant dans cette fièvre des réseaux, l’un d’entre eux semble laisser de marbre le pays des Dogons : Twitter. Le deuxième réseau le plus utilisé au monde, avec plus de 200 millions d’utilisateurs, figure aux abonnés absents en terre Malienne. « Personne ne connaît Twitter ici » affirme Mahamadey, informaticien. « Moi même je n’en ai pas vraiment entendu parler ».

Le site de microblogging fait pourtant fureur dans de nombreux pays africains. A l’instar de l’Afrique du Sud (10e pays utilisant le plus Twitter au monde ) du Nigeria, de la Cote d’Ivoire ou encore du Rwanda, pays dans lesquels l’engouement ne se limite pas à la sphère populaire et gagne aujourd’hui les politiques. Les chefs d’états y possèdent tous des profils avec un nombre de followers grandissant, les partis d’opposition exploitant même le réseau comme vecteur de contestation .

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Alors comment expliquer le désintérêt des Maliens pour l’oiseau bleu ? Plusieurs facteurs semblent rentrer en ligne de compte. La langue tout d’abord. Curieusement, bon nombre de Maliens pensent que Twitter est réservé à ceux maîtrisant la langue de Shakespeare. « Les gens pensent que c’est en Anglais et c’est un langue mal maîtrisée ici, alors Twitter leur semble inaccessible. Tout comme Hi5 n’a pas marché parce que c’était en anglais.» confie Bakou, gérant d’un cybercafé à Bamako.

La complexité de l’outil est également invoquée. « Facebook, c’est simple à comprendre, et tout le monde connaît. Si tu as des difficultés, tu trouveras toujours quelqu’un pour t’expliquer. Alors que Twitter…si tu n’y arrive pas…personne ne saura t’aider puisque personne ne connaît ! » explique Constan. Un a-priori a la dent dure partagé par la totalité des personnes que nous avons interrogées. Professeurs, travailleurs sociaux, étudiants, mères au foyer, directeurs d’association, secrétaires : tous affirment à l’unisson ne pas connaître Twitter et ne pas vouloir en savoir davantage. Comme Marie-Madeleine, formatrice qui confesse « J’ai vu ça une fois sur un site, à droite, sous Facebook, il y avait un truc Twitter. J’ai été sur Facebook, mais pas Twitter, ça a l’air trop compliqué ! ».

Le manque d’intérêt des personnalités Maliennes et la quasi-absence de bouton Twitter sur les principaux sites du pays ne joue certainement pas en la faveur de sa popularité. L’avenir nous dira donc si Twitter rejoindra un jour le podium des réseaux les plus convoités au Mali, mais il semblerait bien que le chemin à parcourir soit encore très long avant que l’oiseau bleu ne puisse se sentir pousser des ailes !

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Commentaires

  1. EricB
    30 août 2011 - 10h12

    Je pense que les maliens ont d’autres soucis que de s’occuper de twitter 😉 principalement dans les domaines économiques et financiers : emploi, santé, sécurité.
    Ce qui pourrait leur éviter, comme à de nombreux pays africains, de n’avoir qu’une seule option politique, celle de la main tendue

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