L’identité dans le cyberespace, par Yann Leroux

Yann Leroux Yann Leroux est psychologue et psychanalyste, Il blogue principalement sur les mondes numériques sur http://www.psyetgeek.com mais vous le trouverez aussi facilement ailleurs. Il sait que « C’est toujours septembre quelque part. »

L’identité est une notion moderne. Elle naît avec l’Etat et sa nécessité d’assurer un contrôle sur ses administrés. Dans les villes, les adresses permettent d’identifier les administrés et leurs richesses et donc de lever des impôts. Plus tard, les registres de naissance et de baptême permettront de contrôler les individus dans leurs déplacements sur le territoire. Plus l’Etat se centralise, plus il devient fort, plus Ego est objet de différenciation et de ségrégation dans des dispositifs de surveillance et de contrôle. A coté de cette surveillance de plus en plus tatillonne, les individus se vivent de leur coté de plus en plus libres. Leur identité n’est plus fixée par les alliances anciennes. Elle ne dépend plus du lignage mais du tumulte des désirs individuels. Ego est ce qu’il désire… ou du moins c’est ce que l’idéologie actuelle chuchote. Son identité est avant tout réflexive. Elle est l’image qu’il produit pour lui et pour les autres. C’est une totalité subjective.

Serge Tisseron a mis la construction de l’identité au regard du développement des dispositifs d’image : le miroir de bronze, puis le miroir argentique et enfin les images de la photographie et du cinéma ont conduit Ego à prendre de moins en moins appui sur l’autre dans la construction de certains aspects de l’image de soi (Tisseron, S. 2000)

L’identité est épreuve de soi. Elle est ce par quoi Ego prouve qu’il est bien ce qu’il dit. En ce sens, elle passe un tiers – ici l’Etat – qui garantit l’identité de chacun. Mais elle est aussi ce qui s’éprouve dans le secret des intimités. Elle est alors privée et secrète. L’identité est sang-mêlé. En elle s’affrontent deux pôles qui s’opposent terme à terme. D’un coté, l’objectif, le corps, l’état, la raison, le passé. De l’autre le subjectif, la pensée, l’individu, l’imaginaire. Elle naît de la rencontre de ces deux opposés qui tantôt menacent Ego de la réduire dans la rationalité ou de la perdre dans les imaginaires.

L’identité est un carrefour.

L’identité est au carrefour de trois éléments : le corps, le groupe et Ego. L’identité s’enracine dans le corps : le sexe, la taille, la corpulence, la carnation de la peau, la pilosité sont des éléments qui ont donné bon nombre de noms de famille. Le groupe est un des hauts fourneaux de l’identité. La famille, comme groupe primaire, participe bien évidement à la construction de l’identité, mais également tous les groupes auxquels Ego va appartenir : classes, clubs, groupes de travail… Enfin, Ego est lui-même le lieu ou se fonde son identité. Dans la façon dont se raconte ce qui est vécu, l’identité se construit. Elle se construit également dans ce qui se tait : réserves conscientes, secrets maintenus ou dont Ego est l’objet, refoulements, cryptes inconscientes. Notre identité est remarquable : quelque soit la diversité des situations auxquelles nous sommes confrontés, quelque soit leur complexité, quelque soit le temps qui passe, nous nous sentons nous même. Notre identité est ce qui nous permet de nous sentir identiques et cohésifs à nous même et à nos idéaux. Elle est dynamique : elle s’actualise dans les relations que nous avons avec nous même, les autres et nos objets d’intérêt. Finalement, on peut définir l’identité par les flux de discours conscients et inconscients tenus sur et par une personne. C’est une définition qui est suffisamment large pour prendre en compte l’identité dans ce qu’elle a de complexe et surtout qui permet d’avancer dans la compréhension de la façon dont fonctionne l’identité en ligne.

John Suler, un pionnier de la psychologie sur Internet

Qui suis-je dans le cyberespace ? Dès 1996, le psychologue américain John Suler se pose la question et donne 5 facteurs de l’identité en ligne

1. Le niveau de dissociation et d’intégration : le cyberespace offre une niche pour chaque facette de la personnalité. Nous n’avons pas besoin de nous y présenter en un tout puisque sur Internet nos différents investissements peuvent être dissociés. Nous pouvons être ici un professionnel, et là un amateur de sport et plus loin le membre d’une association sans que ces différentes dimensions ne soient mises en contact. A chaque espace social son rôle, et à chaque rôle son espace social, telle semble être la promesse de l’Internet. Par rapport à l’espace physique, le travail d’intégration qui maintient l’identité en un tout cohérent est mis en suspens. Cela permet à des composantes de la personnalité de s’exprimer plus librement.

2. La valence positive et négative. Pour John Suler, le cyberespace peut être le lieu où satisfaire des composantes  » positives  » ou  » négatives  » de sa personnalité. C’est ainsi que pour certains, l’investissement du réseau sera surtout l’occasion d’agresser les autres, tandis que d’autres y découvriront des espaces où se penser, et parfois, s’accepter un peu mieux. Les groupes de soutien et d’information que l’on trouve sur le réseau peut ainsi aider quelqu’un à traverser des moments difficiles ou à mieux installer en lui des idéaux. Par exemple, une personne se découvrant homosexuelle pourra mieux intégrer sa sexualité par la fréquentation de forums gay tandis qu’une autre pourra utiliser le réseau comme un espace où exprimer des rêveries en jouant à être une autre personne ou un personnage imaginaire.

3. Le niveau de fantasme et de réalité varie selon les lieux. Certains dispositifs exigent que l’on se présente sous son identité réelle, tandis que d’autres exigent que l’on se présente sous une identité imaginaire. D’autres enfin permettent de mélanger les différents niveaux. Par exemple, une plateforme comme Facebook permet de faire converger l’identité réelle et l’identité endossée dans un jeu comme World of Warcraft. Cependant, le terme d’identité réelle convient mal car Ego est toujours réel et ce jusque dans les identités qu’il se rêve. Ce que l’on appelle identité réelle est une convention : c’est l’identité par laquelle on se fait reconnaître par l’Etat : âge, sexe, lieu d’habitation, profession.

Cyberespace

4. Le niveau de contrôle conscient. La façon dont on se présente en ligne ne dépend pas uniquement d’éléments conscients. Des souhaits et des inclinaisons trouvent à se satisfaire sous l’identité en ligne d’Ego. Le choix d’Ego pour un nom ou un avatar répond également à des logiques inconscientes, même lorsqu’il s’agit d’éléments a priori « neutres » comme la reprise en ligne de son identité civile. Cela vaut également pour les groupes qu’Ego rejoint ou quitte

5. Le média choisi. Dans le cyberespace, les canaux de communication sont des moyens d’expression pour Ego. Certains préfèrent les longs échanges des forums tandis que d’autres sont attirés par le côté électrique des messageries instantanées et des bavardoirs. Les premiers donnent le temps de la réflexion, tandis que les autres sont plus orientés vers la spontanéité et l’immédiateté. Pour Suler, ces dispositifs attireront Ego en fonction de leur style cognitif.

Le média choisi dépend finalement d’une série de facteurs : le niveau d’intégration, de réalité et le style cognitif d’Ego le conduiront à investir préférentiellement les forums ou les bavardoirs. L’idée générale de ces premiers travaux est que l’Internet offre un espace où l’on peut expérimenter différentes identités. Lisa Nakamura parle même de « tourisme identitaire » (Nakamura, L. (2000). Race In/For Cyberspace: Identity Tourism and Racial Passing on the Internet. Retrouvé Novembre 10, 2009, de http://www.humanities.uci.edu/mposter/syllabi/readings/nakamura.html) pour les avatars : chaque utilisateur, en empruntant une identité, explorerait en profondeur les caractéristiques que la culture prête à cette identité. A cette idée s’ajoute que les internautes profitent largement des avantages que leur offre l’Internet en gérant en ligne différentes identités. De ce point de vue, le texte de John Suler a un peu vieilli, car les pratiques d’aujourd’hui sont tout à fait différentes. Devant la multiplication des espaces d’écriture, les internautes trouvent plus économique d’utiliser une seule identité. Cela leur permet d’être repérés et reconnus plus facilement par les moteurs de recherche et les autres internautes indépendamment de l’espace où ils se trouvent. Ce mouvement est accompagné ou accentué par la mise en place de dispositifs centralisateurs comme Netvibes, friendfeed ou disqus.

Même si les conceptions de John Suler datent de 1999, elles sont toujours valables aujourd’hui. La différence majeure est que l’Internet n’est guère plus vécu comme une sorte de théâtre obscur dans lequel chacun pourrait essayer différents masques. Il y a à cela plusieurs raisons dont une tient à la psychologie. La multitude des lieux en ligne investis par Ego a produit une charge de travail trop importante. Trop dissocié, Ego a ressenti à nouveau le besoin de synthèse et cherché des dispositifs où réunir les flux de ses différents investissements.

L’identité s’écrit plusieurs fois

Sur Internet, l’identité s’écrit plusieurs fois. Elle s’écrit avec l’adresse email, l’adresse IP, le nom, la signature et l’avatar. L’adresse IP est la moins personnelle et la plus sociale des adresses. Elle rattache l’individu à une machine – on pourrait même dire qu’elle identifie une machine à tous ses utilisateurs. C’est également elle qui rattache l’internaute au Fournisseur d’Accès à Internet, et à tout le corps social. Cette adresse IP est un véritable cordon ombilical qui nous rattache profondément au corps social. Sauf à utiliser des systèmes de reroutage qui ne sont pas à la portée de l’utilisateur lambda, cette adresse donne aux jeux de cache-cache que l’on peut trouver sur l’Internet leur valeur exacte : il s’agit de positions imaginaires par lesquels se disent le rapport à la loi, à la culpabilité ou à sa propre origine.

L’adresse email est double. Elle s’articule de part et d’autre du signe arobase « @ ». A droite, le nom de domaine du fournisseur de l’adresse indique à tous à qui l’utilisateur confie son courrier électronique et laisse transparaitre quelques informations quant à ses goûts ou son expertise de l’Internet : avoir une adresse email chez alice.fr ou chez gmail.com sont deux choses très différentes. A gauche de l’arobase, le nom que l’internaute s’est choisi. Le nom qu’il se donne, qu’il soit similaire ou différent de celui de son état civil, est toujours investi de façon consciente et inconsciente.

Le nom – ou le pseudo – peut correspondre à une partie de l’adresse email ou être différente. Là encore, un travail subtil entre les correspondances ou les différences des différentes parties de l’identité numérique est possible. Se donner un nom est toujours très chargé affectivement. Cela nous place dans la position de nos propres parents à notre naissance, ou plus exactement la position que l’on imagine avoir été la leur. En dehors de cet aspect originaire, se donner un nom est aussi organisé par une fantasmatique de l’origine.

La signature est un bout de texte que l’on appose à tous les messages que l’on rédige. Précédé des signes – suivis d’un espace, il indique que le mail ou le message est terminé. Il clôt un discours. Si l’on considère la mouvance dans laquelle nous somme pris sur Internet, c’est un point qui peut être investi comme représentant une permanence. Cela peut être une adresse géographique, une citation, un lien vers un site… En passant au Web, la signature s’est un peu sophistiquée : elle peut se faire image, fixe ou animée. Elle peut également contenir des éléments d’informations issus d’un autre domaine, par exemple les statistiques de la personne à un jeu en ligne. Enfin, depuis le Web 2.0, la signature est souvent utilisée pour faire connaître les réseaux sociaux où l’on peut être joint. Mais, de Usenet à aujourd’hui, la dynamique reste la même : la signature est le lieu de la permanence. Elle dit en effet, quelque soit le contexte, quelque soit l’humeur ou la tonalité du message que l’on vient d’écrire, que le fond des choses reste toujours identique à lui-même. En ce sens, elle est un représentant de la continuité d’exister. Par exemple, Brian Reid avait pour signature « 5th thoracic » pour rappeler la part qu’il avait prise à la backbone cabal.

L’avatar signale le sujet pour les autres depuis que le Web s’est doté de dispositifs sociaux comme les forums. Il s’agit d’une image, choisie par l’utilisateur qui le représente. Lorsque l’utilisateur ne se choisit pas une image, le dispositif d’écriture lui en donne une par défaut : il aura la même que tous ceux qui souhaitent, de ce point de vue, rester anonyme. L’image est utilisée dans des buts narcissiques, agressifs ou séducteurs : les pouvoirs de l’image (Tisseron, 2005) jouent ici pleinement.

A l’exception de l’adresse I.P. qui est donnée par un tiers, tous les autres marqueurs d’identité sont des échos de la vie imaginaire et inconsciente de l’utilisateur. Les marqueurs d’identité disent vers qui vont les idéalisations ; ils peuvent commémorer des événements heureux ou malheureux, et cette commémoration peut être privée, familiale, ou publique.

Des silos et des tamis.

On peut comprendre l’Internet comme un énorme dispositif dans lequel les identités individuelles et collectives sont recomposées au travers de silos et de tamis. Les archives de nos activités en ligne se constituent en lieu de mémoire, s’accumulent, se collectivisent parfois, se lient et se délient des composantes identitaires. Ces silos sont principalement les forums et les boîtes mails. Les tamis sont principalement les dispositifs de folksonomie et les flux RSS. Ils nous aident à trier, filtrer, séparer, individualiser et sélectionner dans l’énorme multitude des possibles du WWW. Avec ces dispositifs, l’identité est prise dans des mouvements d’accumulation et de redistribution. Jour après jour, update après update, check in après check in, publication après publication, nous constituons une traîne de mémoires qui dit ce que nous faisons, là ou nous sommes ou les objets auxquels nous nous lions(J’ai appelé ce procédé la légendarisation : il s’agit d’une écriture de soi qui emprunte aux différents types d’autobiographie – journal intime, mémoire, essai). Les silos sont les lieux où se condensent les identités. En eux les nécessaires synthèses peuvent avoir lieu. Les trop grands écarts peuvent être réduits. Les filtres sont des lieux de redistribution où Ego peut échapper à la tyrannie d’être Un et se laisser aller à la rêverie du multiple. Filtres et tamis ne sont pas étanches l’un à l’autre. Les tamis comportent une composante historique. Eux aussi accumulent et collectent, tandis que les silos sont aussi d’une certaine façon un filtre : tout dépôt en un lieu indexe le lieu, le dépôt et le déposant comme différents.

J’appelle identité en ligne tout dispositif par lequel Ego s’individualise dans le cyberespace le rendant à la fois à nul autre pareil et rattaché à l’ensemble. L’adresse email en est le prototype parfait puisque les caractères à la gauche de l’arobase sont uniques tandis que le nom de domaine qui est à droite de l’arobase le rattache à l’ensemble. Cette identité en ligne passe par un travail autour des représentations de soi. En ligne, nous avons à choisir des éléments de représentation de soi et à les combiner avec d’autres. Au final, il s’agit toujours d’assimiler des éléments de notre vie interne : par exemple un conflit entre plusieurs désirs inconscients, donner une plus grande place à la réalisation de certains désirs, mieux comprendre certains aspects de notre fonctionnement. Il s’agit donc d’une assimilation de composantes psychiques. Le psychanalyste Nicolas Abraham (1978) a montré que cette assimilation passe par un processus qu’il a appelé introjection. Le destin de ce qui est introjecté est variable. Le processus peut conduire à une extension du moi ou à la mise en dépôt de ce qui n’a pas pu être intégré.

Cyberespace 2

L’assimilation passe par un temps de projection hors de soi. Ce détour donne au Moi la possibilité de se re-présenter une partie de sa vie psychique. Les mondes numériques nous en offrent beaucoup d’occasion puisque après nous être donné un nom ou une image, nous sommes très fréquemment en contact avec elle. Ces projections peuvent être mises en dépôt ou isolées du fonctionnement général du psychisme. Dans le premier cas, il s’agit d’une mise en attente d’une assimilation à venir. Dans le second, il s’agit d’une amputation : le souvenir, le fantasme ou le désir sous-jacent sont retirés du fonctionnement général du psychisme.

Ce travail d’assimilation par lequel Ego se constitue s’appuie en ligne sur les différents dispositifs et leurs qualités. Il peut être important à un moment de trouver des silos où recomposer certains aspects du Self en fonction de logiques inconscientes. Il nous confronte à la figure du double et il n’est pas étonnant de retrouver en ligne les mêmes figures que celles explorées par la littérature : le professeur Frankenstein et son monstre, Docteur Jekyll et Mister Hyde et Dorian Gray.

Le professeur Frankenstein a découvert le secret de la vie. Il donne naissance à un être surhumain mais dont la laideur effraie son créateur. Que faisons-nous en ligne ? A force de combiner et déconstruire des identités, de nous accoupler intimement à des machines et aux mondes numériques, ne donnons nous pas naissance à des monstres ? Saurons-nous les contrôler ? Ou vont-elles nous détruire ? Il y a là une inquiétude quant à nos projections dans les mondes numériques des aspects « mauvais » de notre Self et aux capacités de ceux-ci à les contenir et à les transformer.

Le Docteur Jekyll est un philanthrope qui invente et boit une potion qui sépare ses aspects bienfaisants et malfaisants. Sous la forme de Mister Hyde, il se laisse aller à tous ses désirs sans aucune considération morale. La figure de la dualité Jekyll/Hyde se retrouve dans les tentations d’utiliser l’Internet comme une succession de lieux étanches les uns aux autres. Chaque lieu laisserait à Ego la possibilité de réaliser certains désirs sans aucun lien avec l’ensemble de la personnalité. Le processus prévalant est ici le clivage c’est-à-dire la coexistence au sein du Moi de deux attitudes psychiques opposées.

Dorian Gray est un homme gardant une éternelle beauté pendant que son portrait vieillit. En ligne, Ego est comme Dorian, mettant en ligne des aspects idéalisés de lui-même et se refusant de prendre suffisamment en compte l’usure du temps voire même de la réalité.

Ces doubles numériques fonctionnent comme dans un rêve. Parce qu’ils rendent floues les limites entre soi et l’autre, ils peuvent donner lieu à un sentiment d’inquiétante étrangeté. Ego ne se reconnaît plus tout à fait, troublé qu’il est en son propre moi. Le double peut aussi tenir lieu d’instance d’observation et de critique. Il est la part qui surveille le Moi mais aussi celle qui contient les désirs qui n’ont pas pu être réalisés. Ils condensent des éléments différents en les ramenant a leur plus petit numérateur commun et ils diffractent un élément psychique dans plusieurs directions. Ils combinent et sélectionnent. Ce sont des tropes du langage : principalement la métaphore et la métonymie.

Notre vie en ligne nous offre beaucoup d’opportunités d’assimilation et donc de construction de soi. D’abord parce que les mondes numériques sont des espaces autres. Nous avons dû faire preuve d’inventivité pour pouvoir les habiter et y développer une vie sociale. La colonisation de ces lieux a été productrice d’un intense travail psychique donnant naissance à des mythes collectifs servant de colle sociale. Par ailleurs, les matières numériques sont suffisamment malléables pour garder des traces de nos actions et de nos pensées. Elles fonctionnent alors comme des miroirs dans lesquels nous pouvons mettre au travail des images de soi ou des images de nos collectifs. Nous pouvons nous y reconnaître aussi bien que nous y perdre.

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Commentaires

  1. Véronique
    30 mai 2010 - 5h33

    Merci pour cet article. Belle idée que celle de l’inquiétante étrangeté numérique. Et de Dédale à la conclusion, qui n’est pas loin. En ce qui me concerne, je m’y reconnais plutôt que m’y perd.

  2. Yann Leroux
    30 mai 2010 - 20h33

    C’est une notion qui dérive des travaux de Mashiro Mori (1970 http://en.wikipedia.org/wiki/Uncanny_valley qui parle de la vallée de l’inquiétante étrangeté. Il avait remarqué que les robots suscitent de l’angoisse lorsqu’ils deviennent trop ressemblants.

  3. Véronique
    31 mai 2010 - 19h04

    @Yann Leroux: merci.

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