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Interview de Fanny Le Gallou et Zélie Verdeau, fondatrices de What Women Wish

Flavien Chantrel, le 8 mars 2011

Nous vous présentions ce matin le joli projet What Women Wish, visant à comprendre l’impact de l’utilisation des nouvelles technologies pour les femmes du monde entier. Pour tout savoir sur le projet, découvrez l’interview de Fanny Le Gallou et Zélie Verdeau, les fondatrices de l’association.

Fanny et Zélie se sont rencontrées en 2001 à l’université de Rennes pendant leurs études de communication. Quelques années de séparation, l’une en Martinique, l’autre à Berlin puis à Paris, n’ont pas altéré leur amitié. Lorsqu’elles se sont retrouvées il y a 2 ans, chacune travaillait dans les nouvelles technologies, l’une Directrice Clientèle chez Ad’hoc Rennes, une agence de communication et publicité, l’autre chargée de communication pour Nurun, agence de -stratégies interactives. C’est autour d’un thé un après-midi de printemps qu’elles discutent projets, condition de la femme, voyage, photographie et journalisme. Six mois plus tard, le projet What Women Wish était né, entre femmes et nouvelles technologies.

What Women Wish

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?

Fanny : Fanny, 29 ans, née à Rennes. Une formation en LEA (Langues Etrangères Appliquées) puis en communication pendant 3 ans à l’IUP Info-Com de Rennes 2. Puis 5 années en Martinique durant lesquelles j’ai travaillé dans différentes structures en tant que chargée de communication, chef de projet ou responsable clientèle en agence. Je suis rentrée en décembre 2008. J’étais depuis Directrice conseil à l’agence Ad Hoc, jusqu’à récemment (j’ai quitté mes fonctions pour me consacrer à What Women Wish). J’ai des centres d’intérêt assez variés : photographie, peinture, sculpture, décoration. Tout ce qui touche de près ou de loin aux expressions artistiques en fait ! Les voyages aussi, en version courte ou longue. J’ai aussi habité un an à Londres, sept en Martinique.

Zélie : Je suis Zélie, 30 ans, je suis originaire de Vendée, j’ai fait des études de droit, d’anglais puis de communication et d’information avec une spécialisation pour le journalisme en presse écrite. J’ai d’abord orienté ma carrière professionnelle vers les métiers de la presse avec un ancrage dans le secteur associatif puis par la force des choses vers la communication. Je suis arrivée un peu par hasard dans le milieu de l’interactif en tant que chargée de communication pour l’agence Nurun où je ne connaissais pas grand chose au Web 2.0. Trois et demi après j’ai adopté ces nouveaux modes de communication qui n’en finissent pas d’évoluer et de m’impressionner tant ils sont présents dans notre quotidien et quasiment indispensables. De cette réflexion est né le projet What Women Wish que nous avons monté avec Fanny et dont je suis très fière. Passionnée de voyage et de cultures étrangères j’ai souhaité allier plusieurs domaines qui me sont chers autour de ce projet : l’associatif et le solidaire auprès d’un public féminin, l’écriture journalistique et le reportage, les nouvelles technologies, et la découverte d’autres cultures.

En quoi consiste le projet What Women Wish?

Z et F : What Women Wish c’est d’abord une réflexion sur la place des technologies de l’information et de la communication dans nos vies. C’est aussi la prise de conscience que les TIC nous ont inculqué un certain nombre d’automatismes au quotidien et qu’il n’en est peut-être pas de même partout dans le monde (ni partout en France). Enfin, c’est le rapport qu’entretiennent les femmes du monde avec les nouvelles technologies. What Women Wish est une association et un magazine nés des réflexions précitées. Le projet consiste d’une part à découvrir de quelles manières les femmes utilisent les nouvelles technologies dans différentes parties du monde, et quelle en est leur utilité : c’est ce qui sera relayé sur notre site Internet par le biais d’articles, de brèves, de reportages photos et vidéo. D’autre part, le projet inclut un volet associatif qui consiste à donner des formations et des cours d’informatique dans des associations de femmes : en Palestine, au Bénin, au Mali, en Inde et au Népal. Grâce à nos sponsors et au soutien des particuliers, nous envisageons également une aide matérielle dans certaines de ces associations qui sont dotées de matériel informatique de très pauvre qualité. Nous sommes donc une association loi 1901 dont l’objectif principal est d’étudier et accompagner les femmes dans leur usage et leur accessibilité aux TIC.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de vous lancer dans ce projet ?

Z : Plusieurs facteurs sont à prendre en compte dans la décision de ce projet. Nous sommes parties d’un constat : les nouvelles technologies prennent une place très importante dans notre quotidien, au niveau personnel comme professionnel. Elles nous facilitent souvent le quotidien, elles évoluent sans cesse, nous sommes connectées en permanence au Web ou à notre mobile, à tel point qu’elles sont devenues un besoin. Nous nous sommes posé la question de ce qu’il en était pour d’autres femmes du monde et nous avons effectué des recherches dans ce sens. Nous nous sommes alors aperçues que l’utilité des nouvelles technologies n’était pas la même dans chaque pays et que les femmes étaient très demandeuses en terme d’accès et d’apprentissage des TIC, notamment dans les pays où elles n’ont pas forcément accès au progrès. Nous avons donc décidé d’aller les rencontrer et de partir sur le terrain pour en savoir plus. Parallèlement, nous avons eu envie de mettre nos compétences à leurs services en proposant de donner des cours d’informatique à quelques associations de femmes avec lesquelles nous nous sommes mises en contact. Il a donc fallu prendre la décision de quitter nos jobs respectifs, mais après tout, nous n’avons qu’une vie et l’aventure en vaut la chandelle.

F : On assiste depuis quelques années à ce qu’on appelle communément une fracture numérique. Ce clivage se caractérise principalement par une inégalité d’accès aux NT entre pays riches et pauvres, mais également au sein même des pays, entre zones urbaines et rurales, et entre les populations suivant leur niveau d’éducation et leurs compétences. Notamment concernant le Web, puisqu’aujourd’hui seules 25% de la population mondiale a accès à Internet. Ce qui a motivé la création du projet, c’était avant tout de comprendre la place des femmes dans la « cyberévolution  » engendrée par les NT. Quel est l’impact des NT dans leur quotidien? De quelle manière ont-elles accès au mobile, à l’ordinateur, au web, et quels en sont leurs usages ? En quoi leurs usages des TIC influencent leurs envies, leurs besoins, leur vision du futur ? Le but du projet est vraiment d’étudier et d’accompagner les pratiques et les besoins des femmes en termes d’accessibilité et d’usage des nouvelles technologies. Depuis deux ans, nous veillons le Web, épluchons des rapports, interviewons des femmes et des professionnel(les), afin de compiler un maximum d’informations sur le sujet. L’objectif et de comprendre un peu mieux la place des femmes et leurs attentes vis-à-vis des NT. Le site a été lancé en décembre et l’étude terrain démarrera le 9 mars prochain.

What Women Wish

Comment s’est passée la mise en place du projet ? Niveau temps passé, aides extérieures, partenariat…

Z : Un projet d’une telle envergure prend énormément de temps et d’énergie, surtout lorsqu’on a déjà un emploi à plein temps. Nous nous étions fixé 2 ans et nous avons eu raison. Il faut penser à tout, non seulement aux problématiques de voyage d’un projet international (visas, vaccins, hébergement, contacts dans chacun des pays, trajet, etc.), aux aides financières (sponsors, partenariats, dons, bourses, rédaction des conventions), au site Internet du projet (graphismes, architecture du site, contenus du site, articles, interviews, etc.), aux partenariats avec les associations à l’étranger (conventions, mailing, etc.) mais aussi à l’administratif d’une association (statuts, assemblées générale, trésorerie, etc.) et à toute la paperasse dont nous devons nous charger à titre personnel. Bien entendu nous avons passé un temps conséquent dans la définition du projet, ses limites, ses objectifs, et le rythme s’est accéléré considérablement ces derniers mois : relations presse, réactivation des contacts, lancement du projet, etc. Je ne serais pas capable de déterminer le temps passé mais cela fait un an que nous y travaillons le matin, le midi, le soir et les week-ends tout en conciliant vie personnelle et professionnelle. Ce qui revient à gérer deux comptes Facebook chacune, 5 adresses mails différentes, un certain nombre de documents sur Google, une Drop Box, un ftp, etc. Ce projet nous demande aussi de prendre des cours de photo et de vidéo, ce qui nous ravit ! Au-delà nous avons une équipe très soudée et très active au sein de l’association qui nous a aidées et relayées et qui continuera pendant notre étude terrain. Un grand merci à l’équipe de What Women Wish donc !

F : Je ne préfère pas compter le temps passé sur le projet ! Le nombre d’heures accumulées est colossal… C’est un projet qui mobilise notre énergie depuis deux ans déjà. Chaque petite miette de temps disponible y a été consacrée ! En plus du temps et de beaucoup (beaucoup) d’huile coude, nous avons également investi toutes nos économies et quitté nos emplois respectifs pour nous consacrer entièrement à l’association pendant 1 an afin de mener à bien une étude terrain dans une quinzaine de pays. La recherche de partenariats a mobilisé beaucoup d’énergie également. Nous avons la chance d’être aujourd’hui épaulé par pas moins de 14 partenaires qui apportent leur soutien à différents niveaux. Sur le plan financier bien sur, mais également d’un point de vue matériel ou bien de mise à disposition de leurs compétences et de leur savoir faire.

Concrètement, quelles actions allez-vous réaliser pendant ce tour du monde ?

F et Z : Nous partagerons notre temps entre les formations faites aux femmes (Word, Excel, Powerpoint, Photographie, etc.) et le magazine (interviews, rencontres, reportages vidéo, photo, articles, veille etc.). Au niveau associatif, nous avons déjà cinq partenariats assurés avec des associations de femmes ou des écoles: en Cisjordanie, au Bénin, au Mali, en Inde et au Népal. Ce qui représente à peu près 4 mois de formations sur 11 mois, l’idée étant de pouvoir faire des formations ponctuelles au besoin et à terme d’aider ces associations très dynamiques à se pourvoir en matériel informatique plus moderne.

Des choses sont-elles prévues après votre retour pour faire vivre le projet ?

F et Z : Oui, nous avons prévu de réaliser plusieurs expositions et conférences notamment au sein des villes qui nous ont soutenues : Paris, Rennes, La Roche sur Yon et Saint Florent des Bois. Les adhérents à l’association recevront une invitation dès notre retour. Il s’agira de revenir sur l’expérience que nous aurons vécue pendant 11 mois et des enseignements que nous aurons appris, notamment sur l’impact des nouvelles technologies dans le quotidien des femmes des différentes zones que nous parcourons : Moyen Orient, Afrique, Asie. Pour cela nous avons déjà plusieurs contacts de lieux de réception et une équipe de l’association est dédiée à la préparation de notre retour en Bretagne et sur Paris.

Si quelqu’un souhaite vous aider, comment peut-il faire ?

F et Z : Toute personne est susceptible de pouvoir nous soutenir avec ses moyens, qu’il soit une entreprise ou un particulier :

– relayer notre projet via Facebook ou Twitter
– relayer notre projet par mail auprès de ses contact
– adhérer à l’association What Women Wish par courrier ou en ligne via notre site Internet
– faire un don par courrier ou en ligne sur notre site Internet
– nous envoyer des clés USB à l’adresse de l’association
– soutenir financièrement le projet What Women Wish si vous êtes une entreprise investie notamment dans les nouvelles technologies. Dans ce cas nous définissions ensemble les conditions du partenariat.

Le site What Women Wish

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