Interview de Fadhila Brahimi : quelle importance accorder aux réseaux sociaux ?

fadhilaAprès Jean-François Ruiz et Yannick Fondeur, Fadhila Brahimi nous fait le plaisir de donner son point de vue sur le Débat du mois. Administratrice du blog Pour Gerer Votre Capital Humain Social Relationnel, elle est également contributrice pour JobEtic, Envie d’entreprendre et netPME. Ajoutons qu’elle est Directrice du cabinet FB-Associés, membre de plusieurs réseaux internationaux et Co-Présidente de l’antenne Ile-de-France de l’ICF France et vous comprendrez aisément la pertinence de sa contribution. Je vous propose de retrouver dès maintenant la première partie de cette riche interview. La suite sera en ligne cette après-midi.

  • Quelle importance accordez-vous au réseau dans une recherche d’emploi ?

Une grande importance ! Le développement réseau est utile à plusieurs niveaux et pour plusieurs raisons. Pas seulement pour l’obtention d’un emploi, mais aussi pour rompre avec l’isolement, être en veille et ouvert aux propositions. Premièrement, avoir une vie sociale. Dans la recherche d’emploi, il est primordial d’être dans une dynamique, d’être en mouvement : sortir, échanger et être en contact avec des personnes. Deuxièmement, s’activer et s’enrichir en développant son réseau : obtenir des numéros, des noms, des informations secteur/métier, des idées, des rendez-vous. Les réseaux vont vous permettre d’être en contact avec des personnes qui sont dans la même situation que vous mais aussi de rencontrer des personnes en poste pour mieux cerner les métiers. Troisièmement, rechercher un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle : relancer et animer son réseau de liens faibles (les contacts de mes contacts) et forts (les contacts directs) sans négliger son espace personnel (loisirs, détente, plaisir).

  • Un des intérêts de développer un réseau est l’accès au fameux marché caché…

Oui, mais pas uniquement dans la définition couramment utilisée du marché caché, c’est-à-dire le marché des offres d’emploi non encore diffusées. Pour moi, dans la notion de « marché caché » j’y vois aussi celui qui est caché à nos yeux, celui que vous ne voyez pas parce que vous ne vous y projetez pas. A savoir des postes que vous n’imaginez pas mais que notre réseau imaginera pour nous. Grâce à « L’effet miroir » du réseau vous pouvez découvrir un marché jusque là caché. Quand une personne ne sait pas du tout ce qu’elle veut faire dans la vie, je l’invite à chercher des idées en dehors de sa vie professionnelle notamment dans sa sphère personnelle par exemple dans sa vie associative ou ses rêves d’enfant …ils sont gorgés d’indices ! Ils permettent d’identifier les secteurs qui vous intéressent, le type de relation ou d’environnement qui vous plaisent. Quand une personne n’a pas vraiment d’idée, je lui propose le jeu suivant : Le but est de sélectionner 5 à 10 personnes d’univers différents (et pas que des sympathisants à sa cause) et de leur demander de répondre sérieusement à 3 questions. 1. Quelles sont mes qualités ? 2. Quels sont les axes de progression que vous me suggérez ? 3. Où me voyez-vous dans 5 à 10 ans ? Les réponses sont porteuses d’ouverture car les personnes interrogées apportent généralement des idées auxquelles vous n’auriez pas pensé ou osez penser. Selon moi, même si ce n’est pas la définition donnée par l’ANPE ou l’Apec, cela fait partie du marché caché.

  • Qu’est-ce qui différencie le réseau en ligne du réseau dans la vie réelle ?

Le mode, le contenu de la communication et le comportemental. En ligne, nous sommes dans une communication plus directe dans laquelle on ose s’exprimer et dire ce que l’on pense de manière courte et moins solennelle. L’utilisation de pseudos, l’absence de photo…facilitent aussi l’entrée en communication mais ne favorisent pas la confiance. Dans les réseaux réels, le face-à-face et le regard de l’autre jouent en faveur des impressions (j’ai envie de poursuivre l’échange ou non) et des réajustements (on s’améliore par la confrontation) mais peuvent aussi troublées (comment suis-je perçu/jugé ?). Notre comportement change en présence d’une tierce personne. Quant à la question de ce qui apporte le plus : je ne fais pas cette différence, à mon sens les deux sont liés et complémentaires. C’est l’ensemble « réel et virtuel » qui fait d’un réseau ce qu’il est. Personnellement, je crois au multimodal.

  • Quels conseils donneriez-vous à un candidat qui souhaite optimiser son réseau en ligne ?

En premier lieu, je crois qu’il faut être assez clair sur l’objectif de sa recherche, de sa quête. Au début, on n’a pas forcément une idée précise du poste ciblé : le secteur, la fonction, le type de responsabilités, la région… Mais il importe d’avoir une vision de ce qui nous attire et inspire. En l’absence d’objectif, le piège est de s’éparpiller. L’objectif doit être annoncé clairement. Le second point essentiel est de se présenter succinctement en donnant des mots clefs significatifs et représentatifs. Avoir un profil qui donne le ton et avoir une activité propre à sa personnalité. Le troisième point réside dans le fait de se connaître et de poser son empreinte, sa signature. Je vous donne mon propre exemple : on me relate souvent le fait que je sois dans plusieurs réseaux en me demandant s’il est nécessaire d’être actif sur tous les réseaux comme je le fais.- Non, je ne le pense pas. Pour ma part, je m’intéresse de près à cette notion et dans le cadre de mon activité professionnelle je travaille en réseau avec des indépendants multi disciplinaire. Je suis donc dans de nombreux réseaux car je les teste et développe mon vivier de consultants. J’écris et anime des conférences sur ce thème donc je suis multi réseaux pour alimenter ma propre activité ; ce qui apparait dans mon profil. Mais c’est aussi parce que cela correspond à ma personnalité et mon mode de travail : je suis de nature curieuse et travaille en mode transversal. Donc je préfère papillonner dans des différents réseaux. Et comme je ne suis pas communautariste : j’aime passer d’un réseau à l’autre, c’est ma manière d’être et de vivre. Je suis donc à l’aise avec çà. Il y a des personnes pour qui cela ne conviendrait pas. Il est d’être clair sur ce point : se connaître, avoir un objectif/une vision et un profil qui vous ressemble permet de s’activer de manière claire et ciblée.

  • Le risque de multiplier ses réseaux ne réside-t-il pas dans son aspect chronophage ?

Oui, cela peut prendre beaucoup de temps et le risque est de faire du réseau tout azimut pour remplir son agenda sans avoir préalablement défini ce que vous cherchez. Et cela coûte cher si on commence à multiplier les réseaux ! Cher en temps, en énergie et en argent. Les soirées et rencontres se multiplient, vous pouvez vite basculer sur des relations qui ne sont plus professionnelles mais amicales et vous perdre dans des illusions. Le risque est d’oublier ce que vous êtes venu faire au départ : du Networking. Le constat est le même sur les réseaux virtuels. Internet peut aussi très vite devenir chronophage. Je conseille tout comme Hervé Bommelaer d’avoir une organisation propre au réseau. Des rendez vous de 20 minutes, savoir se présenter en deux minutes, fixez un quota de rendez-vous, de sortie réseau, de recherche internet, de présence sur les forums par semaine…. et s’y tenir. Le grand piège est de vouloir occuper le temps pour pouvoir dire « j’ai fait quelque chose pendant ma recherche d’emploi ».

Fadhila Brahimi, FB-Associés, RH Coach.

OFFRES D'EMPLOI WEB

Rédacteur Web H/F

N#1 des services recrutement, emploi et carrière en France, Regionsjob imagine et développe depuis 16 ans des solutions RH à forte valeur ajoutée. Précurseur dans l'application des technologies web au ...

Chef de Projet Digital Commerce-Clients H/F

Le Groupe Pomona (3, 1 milliards d'Euros de CA, 10200 collaborateurs) est leader de la distribution livrée de produits alimentaires auprès des professionnels de la restauration et des commerces spécialisés ...

Chargé de Projet Web H/F

Acteur majeur de la prévention et de la maîtrise des risques, le groupe Socotec (5 000 collaborateurs) exerce ses métiers auprès des entreprises de tous secteurs : construction & immobilier, ...

Commentaires

  1. Elodie
    3 décembre 2007 - 13h24

    J’ai aimé lire cet article et quand j’ai lu celui- ci : http://www.webdeux.info/ intitulé Révolution Web 2.0 en Live !, j’ai beaucoup rit. Une touche d’humour, c’est toujours agréable.
    En tout les cas, merci pour les infos !

  2. Christian
    3 décembre 2007 - 17h29

    Incontournable fadhila, analyse judicieuse et rajoute que je suis « fan » de son blog, mais afin d’appliquer tout cela, avant de monter sur la croupe du grand destrier, harnaché d’armures solides et anti-« badmoral » en tous genres…, il faut être aussi dans une bonne dynamique d’esprit, ce qui n’est pas si évident que cela…, pour l’avoir vécu, même si l’on est entouré, lorsque l’on vient de subir un échec professionnel, un licenciement, ou autres banalités toxiques du monde du travail…
    J’ai tenté de me rapprocher de votre réseau Fadhila, un temps où mes neurones ne produisaient pas plus étincelles qu’une huitre mortifiées par les courants de l’antarctique…quelle image ai-je bien pu vous laisser ? votre réseau, mon propre réseau se sont-ils enrichis ?
    Je ne demande évidement pas de réponses…vous l’aurez compris…j’ai bien avancé depuis…

    Bien à vous,
    Christian

  3. fbrahimi
    5 décembre 2007 - 15h55

    Bonjour,
    @Elodie merci pour ce retour et également pour le lien vers JF Ruiz…article trés intéressant.
    @Christian, je me souviens de votre visage en revanche nous n’avons pas eu l’occasion d’échanger plus en avant de nos projets respectifs. Je constate que votre blog est agréable à première vue et suscite de l’intérêt. Pour ma part vous ^^etes dans ma blogroll depuis qqs mois mais il est vrai que je n’ai pas eu l’occasion de vous le faire savoir ;-).
    Quant à la bonne humeur à afficher et le bon moral; je suis tout comme vous passée par un licenciement et j’ai pu constater tant dans mon vécu que celui des candidats que j’accompagne en cellule de reclassement ou en particulier que le sourire est un moteur essentiel à la recherche d’emploi. Les bas règimes existent et sont à considérer comme « normaux » car toujours présents dans une phase de deuil. Cependant, sourire à la vie est une philosophie de vie qui donne de l’entrain et joue un rôle d’aimant. Au plaisir de vous lire 😉

  4. Christian
    12 décembre 2007 - 9h35

    Merci Fadhila,
    ma réponse sur votre blog…

    Bien à vous,
    Christian

Laisser un commentaire

Il est possible d’utiliser ces balises HTML :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar