high techLa blogosphère a considérablement évolué en quelques années. Annoncée pendant longtemps comme le nouveau média de l'influence, elle a longtemps porté les espoirs d'une démocratisation de la prescription. Le consommateur moyen deviendrait un leader d'opinion à son échelle dès lors qu'il ouvrirait un espace d'expression en ligne. La montée en puissance de ce type de supports a laissé des traces dans l'inconscient collectif, les références à la "blogosphère" dans les médias étant toujours aussi nombreuses. Les choses ont bien changé ces derniers mois. Les dernières semaines semblent même marquer un tournant. Le nombre de liens postés, carburant du blogueur, est en forte baisse chez beaucoup si j'en crois l'indicateur de Wikio. Le nombre de commentaires serait également en baisse. Les échanges prennent visiblement d'autres tournures. Sans parler des fameuses histoires de monétisation et de la (future) prise de conscience sur l'intérêt limité des marques et des agences à infiltrer un milieu qu'elles connaissent mal. Mais alors, qu'en est-il de la blogosphère ?

Nous n'assistons pas, bien sûr, à la disparition de la blogosphère, mais à une mutation des échanges et des communautés. Premier constat, c'est bien la blogosphère high-tech qui évolue en premier. Les échanges se sont fortement délocalisés. Premier coupable, Twitter. Le réseau de micro-blogging a fortement impacté les habitudes de beaucoup. Les RT ont remplacé les backlinks, le compte Twitter s'est substitué au blog en terme d'influence et d'e-reputation. Certains ont donc déserté le blog pour se consacrer pleinement à Twitter. Cela explique l'activité en baisse sans pour autant causer un déficit de trafic. Twitter ne fait qu'aiguiller vers les contenus, ces derniers restant indispensables. Le nombre de doublons est par contre moins important, les news vues autrefois partout étant tout simplement moins reprises, les premiers à s'emparer de l'info deviennent référents et les copiés/collés perdant beaucoup de leur intérêt une fois que l'information s'est propagée sur Twitter. Ce sont bien les échanges qui diffèrent : liens et commentaires ont fait leur temps. La motivation est donc parfois plus difficile, de même que l'analyse des retours et l'esprit d'antan. La blogosphère existe moins dans certains secteurs.

Twitter n'est pas le seul coupable, les réseaux sociaux et Facebook participent également à ce glissement et à l'éclatement des échanges. Mais comme souligné plus haut, c'est principalement les blogs high-tech qui ont souffert de ce transfert. Les nombreuses autres blogosphères n'en sont que plus visibles : politique, blogs féminins, BD, ... Les geeks se sont donc fait avoir à leur propre jeu ! Si la blogosphère n'est plus vraiment la même, il reste bien sûr les cercles de connaissance. Les échanges se font donc par affinité entre "blogopotes" ou de manière indirecte sur d'autres réseaux. Comment faire donc pour rester en contact avec la communauté qui nous intéresse ? Prenons le cas de la blogosphère emploi. Les échanges par blogs interposés existent (fort heureusement) encore. Pour optimiser sa présence et ses discussions, il convient toutefois de réorganiser son activité en ligne. Le blog devient la plaque centrale de sa présence mais doit être complété par d'autres outils. Il est important de repérer les endroits fréquentés par les membres de sa communauté pour les rejoindre. Réseaux sociaux professionnels, Facebook et Twitter dans ce cas précis ! Les interlocuteurs restent toujours plus disponibles sur le web, il suffit d'aller à leur rencontre. Une fois en contact avec ces personnes, vous pourrez continuer à échanger, à faire passer vos infos, à en trouver et à développer votre réseau. Publier du contenu reste forcément une priorité (et la base de la plus-value apportée) mais les biais de publicisation se sont multipliés. Il est simplement temps de changer les critères d'analyse.

On va donc assister soit à une changement étymologique du mot blogosphère, qui deviendra une manière d'illustrer les communautés au sens large sur plusieurs supports, soit à l'apparition d'un autre terme plus général. A moins que la blogosphere ne se restructure et renaisse de ses cendres ? Quoi qu'il en soit, avoir une activité sur le web pour gérer au mieux son identité numérique et ses prises d'informations est plus que jamais d'actualité. Les moyens ont évolué, la fin reste la même. A vos outils !

Billet inspiré d'échange Twitter avec Mr Xhark et Weetabix