L’importance d’une forte ouverture internationale dans un cursus scolaire

Logo débat du mois Dans le cadre de notre débat du mois consacré aux jeunes diplômés, voici un témoignage sur l’importance de l’expérience à l’étranger au cours de ses études, par Christopher Mariel de ResearchGate, le réseau social des scientifiques.

christopher_mariel.jpg Christopher Mariel est country manager pour la communauté francophone chez ResearchGate, premier réseau social consacré à la recherche. Voir son profil sur ResearchGate.

Etudiant français issu d’un bac général spécialité économie, j’ai effectué mon Bachelor au sein d’une école de commerce à Paris, l’ESAM, en partenariat avec l’Université de Lille 2.

Lorsque j’ai eu l’opportunité d’effectuer un semestre Erasmus dans un pays de mon choix, instinctivement je me suis tourné vers Londres pour sa proximité et le côté attrayant de cette capitale cosmopolite. Aujourd’hui je me rends compte que c’est sans conteste cette expérience qui a été décisive dans le cheminement vers ma vie professionnelle.

Jusqu’alors, la totalité de mes stages avaient été effectués en France, réfractaire à me diriger vers un pays inconnu dont je ne maitrisais pas totalement la langue. C’est d’ailleurs cette barrière linguistique qui m’a causé beaucoup de difficultés lors de mon arrivée en Angleterre. En effet, le système éducatif français ne se distingue (malheureusement) pas de ses confrères européens en terme d’apprentissage linguistique. Avec le recul, je pense d’ailleurs que ce point mériterait d’être revu et amélioré afin de donner beaucoup plus de chances aux jeunes diplômés qui auront à se servir des langues ou qui souhaitent s’expatrier.

Comme tout bon étudiant Erasmus qui se respecte, la plupart de mes sorties s’effectuaient entre Français et la performance linguistique ne m’a donc été que moyennement profitable. En effet, six mois plus tard, le bilan de mon séjour était principalement ciblé sur l’ouverture de ma propre culture plutôt que sur celle de mon pays d’accueil. Déçu du résultat, c’est alors que je me suis décidé à prendre mon avenir en main et à m’inscrire en Master de Commerce International dans une grande université Londonienne – London South Bank University. Compte tenu de mon niveau moyen d’anglais, le pari était alors audacieux, et je dois dire que j’ai souffert au début pour suivre les cours en anglais, mais étant en immersion totale, les progrès sont vite arrivés et j’ai compris que j’étais sauvé le jour où j’ai réalisé que je rêvais même en anglais ! En fait cette initiative m’a ouvert de très nombreuses portes par la suite.

Sortir du contexte Erasmus pour étudier aux côtés de véritables Anglais a complètement changé ma vision de Londres et de ce pays d’accueil. En effet, il devient alors beaucoup plus évident qu’un niveau optimal de la langue anglaise est un prérequis dans la vie professionnelle. En effet, de nos jours, les employeurs sont très friands de candidats véritablement bilingues.

Le cursus scolaire anglais étant moins lourd que celui français, j’ai décidé de booster mon anglais en occupant en parallèle un poste de vendeur. J’ai alors vite ressenti que les progrès étaient incontestables. A la fin de cette année scolaire, je me sentais prêt à intégrer une entreprise anglophone pour y occuper un stage à responsabilité. Outre l’aisance linguistique acquise, intégrer un cursus dit  » classique  » dans une école anglaise m’avait ouvert à une culture différente en tout point de la mienne. Grandi de cette expérience, je suis rentré en France pour compléter la thèse de mon master anglais de Commerce International, que j’ai d’ailleurs obtenu, sur les différents moyens de communication qu’offre Internet (notamment en terme d’Inbound Marketing).

Séduit par l’Entrepreneuriat et l’Online Marketing, je n’ai pas hésité à me réinscrire en double Master 2 (Lille 1/ ESAM Paris) de façon à acquérir une complète polyvalence, qualité aujourd’hui indispensable dans le monde de l’entreprise.

Après six mois de cours, comme tout cursus de Master 2 français, il m’a alors été offert la possibilité de compléter mon année par un stage de longue durée. Désireux de découvrir une nouvelle culture, je me suis tourné vers Berlin (Allemagne), bien qu’ayant étudié l’Espagnol et le Chinois en 2nd et 3eme langue.

Comme tout bon étudiant utilisateur de réseaux sociaux, je me suis paré de tous les outils clefs pour une bonne recherche : LinkedIn, Viadeo, recherche journalière sur Craisglist et autres réseaux, etc. Trouver un stage reste relativement simple aujourd’hui, la difficulté étant de trouver un stage valorisant. J’ai donc soigneusement sélectionné les sociétés me permettant de mettre à profit les différents acquis obtenus durant ces précédentes années.

Ce choix minutieux m’a poussé à postuler pour cinq offres de stages et m’a donné par la même occasion la possibilité de m’intéresser de près à ces entreprises. Sans doute grâce à des lettres de motivations ciblées et personnalisées, les cinq entreprises m’ont proposé chacune un entretien, à la suite duquel je n’ai plus eu qu’à faire mon choix.

2433705540_499477268d_z.jpg

J’ai donc intégré ResearchGate, un réseau social professionnel pour chercheurs et scientifiques. En utilisant un raccourci je dirai que si cent ans plus tôt Albert Einstein ou Marie Curie avaient eu accès à internet, ResearchGate serait leur Facebook quotidien. Nous connectons les chercheurs entre eux et leur offrons un accès gratuit à plus de 60 millions de publications, nous possédons entre autre la plus large bourse d’emploi ciblée sciences, etc. Lors de mon intégration au sein de l’entreprise en mai 2011, ResearchGate était une petite start-up en évolution et demandeuse de ressources humaines polyvalentes. Fort de son succès, le réseau est aujourd’hui leader mondial en trois ans d’existence et compte plus de 1,5 million d’adhérents.

Cette position de stagiaire m’a été offerte grâce à la polyvalence de mon cursus, et son ouverture internationale. Par la suite, les managers en place m’ont alors confié avoir reçu beaucoup de candidatures et avoir été séduit par mon aisance linguistique et la polyvalence de mes divers domaines d’apprentissage. Ce stage de fin d’études s’est ensuite transformé en proposition d’emploi ; j’occupe donc à ce jour le poste de manager des réseaux francophones de ResearchGate.

Aujourd’hui, chargé des recrutements dans mon service, un des premiers points que j’analyse dans les CV que je reçois est l’ouverture internationale des postulants. Notre entreprise est anglophone, il est donc évident que pour une bonne intégration au sein de l’équipe, un bon niveau d’anglais est nécessaire. Outre l’importance de la dimension linguistique, une volonté de découverte interculturelle hors du cursus Erasmus est toujours un point qui me séduit. L’expérience m’a montré que les étudiants ou jeunes diplômés ayant effectué un stage ou une partie de leur scolarité dans un pays étranger présentent sans conteste un avantage comparatif. L’aisance et les qualités managériales ne sont pas innées, elles s’acquièrent grâce aux différentes expériences.

En conclusion, en tant que jeune diplômé et Manager d’un réseau gérant plus de 1.5 million de chercheurs répartis dans 192 pays, le meilleur conseil que je puisse vous donner est de développer vos expériences internationales au maximum. Lancez- vous, prenez des risques, ayez confiance en vous et en vos capacités d’adaptation. Les entreprises sont demandeuses de cette ouverture d’esprit et de cet investissement linguistique. Si vous en avez la possibilité, valorisez votre CV en apportant une polyvalence maximale à votre cursus. Ne choisissez pas forcément la facilité si vous pensez que cela pourrait vous desservir dans vos futurs projets professionnels. La faiblesse linguistique qui caractérise les étudiants français ne doit en aucun cas être une fatalité ; Sachez combler par vous-même ce manque ; vous êtes gestionnaire de votre destin, donc prenez les bonnes décisions au bon moment, vous en serez récompensé !

Crédit image

OFFRES D'EMPLOI WEB

Directeur Associé H/F

Nous recherchons pour notre client, une agence spécialisée dans le digital, un(e) :

Directeur Associé H/F

Vous serez en charge du conseil en stratégie digitale et CRM des comptes ...

Assistant Chef de Produit H/F

C3 Alternance recrute pour l'une de ses entreprises partenaire un Assistant Chef de Produit H/F en alternanceN°1 de la communication digitale locale, propose des contenus digitaux, des solutions publicitaires et ...

Community Manager H/F

Le manager e-commerce, achats et logistique développe la stratégie du site e-commerce, en décidant des différents leviers webmarketing à activer pour accroître le trafic, la notoriété et fidéliser les internautes. C'est ...

Commentaires

  1. Helran
    9 avril 2012 - 22h57

    J’ai aussi franchi le pas alors que mon niveau d’anglais été faible. Erasmus aussi, mais Erasmus en stage de labo scientifique, donc loin de cette « ambiance joviale alimentée d’alcool à volo ». D’ailleurs quand tu dis « une volonté de découverte interculturelle hors du cursus Erasmus est toujours un point qui me séduit » –> C’est finalement très péjoratif Erasmus. La plus part (cf mes anciens colocs et ce que j’ai vu) sortaient entre Erasmus de toutes nationalités et donc parlaient qu’anglais majoritairement, mais ils étaient centrés sur les beuveries et non la volonté de découvrir le pays et sa mentalité. J’ai d’ailleurs opté pour l’inverse ne supportant pas les soirées étudiantes et les beuveries générales = Sortir rencontrer des finlandais et aucune sortie avec des Erasmus.

    Sinon je suis bien d’accord. Etre expatrié (pas dans le cadre Erasmus ou échange scolaire, mais vivre comme véritable citoyen = impôts, vie locale etc) permet une ouverte et une critique de soi, de son pays d’origine et du pays d’expatriation que n’a pas une personne vivant toute sa vie dans le même pays ou la même ville. On a une vision plus élargie de ce qui se passe dans les pays concernés.

    Surtout qu’il y a énormément d’aide pour partir en Erasmus, j’ai pu avoir 800e/mois de la France (toute aide confondu et sachant que j’étais boursière à l’université). Donc finalement, le coté financier peut effectivement toujours être améliorer, mais je pense que les universités et l’éducation nationale devraient s’ouvrir et apporter plus d’élément pour s’expatrier. Proposer d’une part un apprentissage de l’anglais correcte et non catastrophique comme il l’est actuellement. Mais aussi promouvoir des campagnes pour amener les gens à partir quelques mois à un an. Mais je pense que cela devrait aussi se faire au niveau des entreprises internationales. Offrir la possibilité de s’expatrier, 1 ou 2 ans dans un même poste à l’étranger pour revenir en suite (ou pas?!).

    Ceci dit, j’ai l’impression que la France est bloquée en mode « LA FRANCE est rien d’autre ». Comme si apprendre une autre langue c’est blasphématoire, vouloir s’expatrier s’est cracher sur la France et qu’in fine, on nais, on vie et on meurt pour la France. C’est une vision très extrêmement exagérée que je viens de donner. Mais c’est un peu le sentiment que j’ai. Rien n’est fait pour avoir une vue vers les autres pays, vers l’Europe. Rien est fait pour nous donner l’envie de partir quelques moins/ans. Et rien n’est fait pour nous permettre d’avoir une réelle vision de comment est la France (car depuis que je suis expatriée, j’ai réalisé (et suite à beaucoup de discussion avec d’autre expat’) que nous avons clairement une vue plus réaliste de la France et de l’Europe). J’ai donc l’impression que la France met des oeillères au gens ou alors n’incite pas les gens à les enlever. C’est dommage finalement. Partir a l’étranger est tellement enrichissant dans tous les aspects de la vie et de la personne.

Laisser un commentaire

Il est possible d’utiliser ces balises HTML :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar