Les recommandations de l’IAB pour lutter contre les adblockers

L’IAB (Interactive Advertising Bureau) organisme qui regroupe les acteurs principaux de la publicité sur Internet vient de rendre un avis sur l’adblocking (rappelons que 24% des Français utilisent ABblock) et la façon dont les éditeurs doivent réagir face à ce phénomène (il y aurait 200 millions d’internautes les utilisant). L’IAB prend le parti de ne pas céder face au racket du white-listing, et propose une série de mesures pour lutter contre le phénomène. Ces recommandations ne sont que des solutions potentielles, et elles paraissent bien génériques pour lutter contre un tel phénomène. Voici néanmoins les différentes tactiques et la « riposte graduée » suggérée aux publishers :

adblocker

  • Avertir

Le début de la lutte contre l’adblocking passe par le fait d’avertir l’utilisateur qu’il utilise ce type de logiciel. L’IAB recommande donc d’installer un script qui détecte les adblockers, et d’avertir le visiteur. Le message doit avoir une valeur éducative, peut être placé en header, ou en pop-up et expliquer les dangers de l’adblocking. L’IAB propose d’ailleurs de standardiser ces avertissements. Selon l’IAB cette tactique permet d’éduquer les visiteurs aux dangers des bloqueurs de publicité.

  • Refuser l’accès

Pour montrer la valeur de la publicité, et son rôle, il faut interdire l’accès au site si l’utilisateur utilise un adblocker. Il est conseillé de proposer différentes options pour que l’utilisateur puisse à nouveau accéder au contenu : désactiver son bloqueur, s’inscrire ou souscrire au site. L’IAB suggère aussi de faire appel au micro-paiement pour permettre à l’internaute de lire le contenu sans pour autant s’inscrire ou souscrire à un abonnement. Cette technique serait néanmoins risquée au niveau technique, notamment pour ce qui est du crawl des robots Google.

  • Proposer plusieurs niveaux d’expérience

L’IAB conseille aussi de proposer une expérience différente à l’internaute si celui-ci utilise adblocker sans pour autant bloquer l’accès au site. Cela doit aller avec la mise en place d’expériences différentes pour l’utilisateur payant, l’utilisateur inscrit, et l’utilisateur sans adblocker. Un éditeur pourrait ainsi proposer 3 articles par mois pour les utilisateurs avec adblocker, 10 pour ceux qui n’en utilisent pas. Ou encore, plus fourbe, des écrans blancs de 90 secondes, si l’internaute ne regarde pas une publicité de 30 secondes. Le risque principal étant que l’utilisateur s’habitue à une expérience dégradée et refuse donc de devenir utilisateur payant.

  • Paiement, sondages ou donations

Les demandes de rémunération restent une option intéressante selon l’IAB et les possibilités sont nombreuses. Par paiement, l’IAB entend valeur, et cela peut aussi, par exemple, être de l’UGC comme des sondages remplis par le visiteur.

  • Publicité non bloquable

L’IAB conseille aux éditeurs d’utiliser des technologies qui permettent de passer outre les adblockers pour délivrer quand même du contenu publicitaire aux visiteurs. C’est notamment possible en utilisant des ads en JS côté navigateur mais aussi côté serveur via des protocoles particuliers. Le risque de cette politique, est d’attirer l’attention des activistes anti-publicité (sic) et de contribuer à une escalade technologique de lutte entre les éditeurs et adblockers.

  • Le paiement aux adblockers

Comme le rappelle l’IAB, il est toujours possible de payer pour apparaître en liste blanche chez les principaux adblockers. C’est une tactique risquée, car les éditeurs commencent alors à financer les adblockers qui sont ceux qui les mettent en danger… Il faut aussi accepter les critères de white listing, et cela réduit les possibilités en termes de création.

  • Récompenser les utilisateurs

Il est aussi possible de récompenser ses utilisateurs ou lecteurs sous différentes formes si ceux-ci acceptent de s’exposer à la publicité : partage de revenus, accès à des articles premium, récompenses… Le problème étant que le système peut difficilement être viable, et qu’on voit très vite des groupes d’utilisateurs profiter du système en s’exposant volontairement à une forte quantité de publicité pour être récompensé.

Toutes ces recommandations sont intéressantes, mais ne sont qu’une synthèse de ce qu’on voit déjà sur le web. Pas de solutions miracles donc, et très peu de remise en question sur la qualité des formats à proposer pour ne pas surexposer l’utilisateur à des publicités de mauvaise qualité, et mal ciblées. Le document complet propose néanmoins un panorama très intéressant de l’état de l’adblocking et des tactiques à adopter. Il est consultable en intégralité sur ce lien.

Commentaires

  1. damien_dailleur
    9 mars 2016 - 14h52

    « Toutes ces recommendations sont intéressantes, mais ne sont qu’une synrthèse de ce qu’on voit déjà sur le web ». Il y a un r de trop dans cette phrase non?

  2. Robin
    9 mars 2016 - 15h22

    Le meilleur moyen de lutter contre les ADB reste de comprendre POURQUOI des gens les utilisent. C’est bien beau de demander à les retirer, tout ça… Mais quand il y a un abus clair et net au niveau du nombre de pubs et/ou de la qualité de lecture du texte (gêné par la pub), bah…

    Perso, quand on me force a désactiver mon ADB, soit je vire le javascript qui m’empêche de lire, soit je vais voir ailleurs (la concurrence en général) avec un gros avis négatif sur le site.

    A noter que les seuls sites où je désactive bien volontiers mon ADB, c’est quand il y a de la qualité dans les services propos et pas d’abus.

  3. DoudouPike
    10 mars 2016 - 5h37

    Avant de chercher à bloquer les « adblockeurs », il faudrait peut-être réguler la publicité.

    On nous balance de la pub partout. Dans la rue, à la télévision et en masse sur tout l’internet. On n’en devient plus que des ânes auxquels on accroche une carotte devant le nez…

    Je n’utiliserai pas d »‘adblocker » si :
    – la publicité était régulée non intrusive…
    – si elle était vérifiée et sécurisée (beaucoup trop de publicités cachent des virus)
    – si elles étaient un minimum en rapport avec le contenu de la page, et non en lien avec mes activités quotidiennes (on a tous le droit de ne pas vouloir être traqué)

    J’utilise adblock parce que je n’aime pas la publicité telle quelle nous est présentée et imposée aujourd’hui, mais je suis bien conscient que je bloque les revenus de beaucoup de créateurs. C’est pourquoi, quand c’est possible et pour les sites que je fréquente régulièrement, je fais un don..

    Vous me direz que tout le monde ne le fait pas, mais si au lieu d’imposer la publicité, on invitait les viewers à faire un don (« Vous utilisez un adblocker, c’est votre choix. Cependant nous ne sommes pas rémunéré pour notre travail de cette façon, donc si le site vous plait, nous vous invitons à faire un donc en cliquant ici. Merci et bonne visite ! »)…
    Les moins aisés pourrait donner 1 ou 2 euros. Les autres peuvent donner beaucoup plus.

    Dans le monde de Youtube, beaucoup de vidéastes gagnent leur vie en mettant en avant ce concept de dons…. Qui est libre et engagé. Pourquoi pas la même chose sur les site Web ?

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