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Expatriation : vers une meilleure qualité de vie ?

Anne-Laure Raffestin, le 13 octobre 2011

logo débatDans le cadre de notre débat du mois sur l’équilibre vie pro/vie perso, nous avons déjà abordé de nombreux sujets. Il était temps d’aller voir ce qu’il se passe à l’étranger ! Marion Lemarchand, expatriée depuis un an à Montréal, témoigne des initiatives mises en place au Canada pour une meilleure conciliation entre son travail et sa vie personnelle. Vous pouvez également suivre Marion sur son blog consacré à son expatriation.

Marion LemarchandMarion Lemarchand, 32 ans, s’installe en 2010 à Montréal avec sa famille. Originaire de Saint Malo et ex-salariée de RegionsJob, elle crée un blog sur JobTrotter dès son arrivée au Québec. Diplômée de l’ESC Grenoble, elle poursuit son parcours professionnel dans les Ressources Humaines tout en s’imprégnant d’une nouvelle culture. En parallèle, elle pratique la voile en compétition et s’investit dans la vie associative liée à la petite enfance.

  • Est-ce que la volonté d’un meilleur équilibre entre vie pro et vie perso fait partie des raisons qui t’ont amenée à t’expatrier ?

La volonté d’un meilleur équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle n’a pas été la seule motivation pour expatrier notre famille à Montréal. La première raison était la mutation de mon conjoint et la deuxième l’envie de découverte et de voyage. Mon cas est un peu particulier puisque je suis arrivée à Montréal enceinte de 7 mois de mon deuxième enfant. A court terme, je savais que je serai donc centrée sur ma vie familiale et j’avais besoin de faire un break après 6 années d’expérience professionnelle intense en France. Maintenant que j’ai repris le travail, je suis agréablement surprise de mieux concilier la vie professionnelle et la vie professionnelle ici au Québec.

  • L’équilibre entre vie pro et vie perso est-il un sujet dont on parle beaucoup au Québec, par rapport à la France ?

Je ne sais pas si on en parle plus au Québec qu’en France mais je suis persuadée que cet équilibre est meilleur et se met en place plus naturellement ici.

  • Sais-tu si des mesures particulières sont prises par les entreprises, ou si des initiatives existent, pour une meilleure articulation des temps de vie ?

Tout d’abord, il faut considérer que l’heure de pointe dans le métro à Montréal se situe entre 16h30 et 17h. Les tours de bureaux du centre-ville se vident à cette heure là. Ce qui permet assurément de débuter une deuxième journée axée sur la vie personnelle. Par rapport à la vie de famille, citons par exemple que les crèches sont ouvertes toute l’année et que les écoliers ont beaucoup moins de vacances scolaires qu’en France. Cela simplifie le casse-tête des parents qui n’ont généralement pas autant de congés que leurs enfants. Certes, le nombre de semaines de congés est de deux semaines (minimum) au Québec. Cependant, il n’est pas rare de poser des congés sans solde, de prendre une année sabbatique ou de disposer de la période maximale de 12 mois pour un congé maternité. Les « pauses professionnelles » sont, je crois, mieux tolérées. De plus, certaines entreprises mettent en place un horaire d’été qui permet de ne pas travailler le vendredi après-midi en juillet et août. Les heures sont récupérées en hiver. Ce qui permet, à la fois, de mieux s’adapter à la saisonnalité du business et de proposer un rythme motivant pour les salariés.

  • S’expatrier, cela signifie changer ses habitudes… Comment as-tu fait pour conserver un bon équilibre ?

Effectivement, les habitudes changent et il faut se reconstruire de nouvelles routines. Pour conserver un bon équilibre, il me semblait important de ne pas créer de rupture avec ma vie précédente et donc de rester en contact fréquent avec la famille et les amis. Créer un blog m’a notamment permis de garder ce lien. En même temps, changer ses habitudes c’est aussi très stimulant : vivre sous un autre climat, acheter des produits étranges au supermarché, être surprise de ne pas se faire comprendre en parlant sa propre langue. Les petites choses choses du quotidien deviennent source d’anecdotes et d’émerveillement.

  • Avec un peu de recul, quel regard portes-tu sur l’expatriation dans ton rapport vie privée / vie pro ? Ce dernier a-t-il évolué de manière positive depuis que tu es partie ?

L’expatriation m’a permis de mettre ma vie personnelle au premier plan dans un premier temps. Actuellement en poste dans un service Ressources Humaines, le rythme est redevenu soutenu mais cet équilibre a définitivement évolué de manière positive.

  • Conseilles-tu à ceux qui ont du mal à concilier vie pro et vie privée dans leur vie actuelle de tenter l’expatriation ?

Non. La recherche de la conciliation de la vie personnelle et professionnelle ne peut pas justifier en elle même de s’expatrier. Ce serait déplacer le problème.

  • Quels seraient tes conseils pour qui souhaite s’expatrier pour travailler ?

Garder une attitude positive quels que soient les obstacles. Ne pas croire que l’eldorado existe. Arriver avec de l’argent de côté pour vivre sereinement la période de recherche d’emploi et pour voyager. Accepter de sortir de sa zone de confort, écouter, s’ouvrir, s’adapter et profiter.

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Commentaires
  1. Beaucoup de bons conseils, étant moi même expatriée dans la partie anglaise du canada j’ai une expérience assez similaire, si ce n’est que c’est encore plus dur de se faire comprendre 🙂

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