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S’expatrier au Canada dans les métiers du web : interview de Yann Gonthier

Marie, le 23 mai 2011

yann gonthier L’expatriation, un sujet qui fait rêver beaucoup d’entre nous… Le Canada fait partie des destinations privilégiées, francophonie oblige. Les besoins en matière de web sont visiblement réels au Québec, ce qui incite certains à faire leurs valises. Ayant rencontré Yann Gonthier via l’aventure Mycommunitymanager, j’ai trouvé intéressant de recueillir son témoignage à ce sujet. Il est actuellement community manager au Canada pour le Groupe PVP et a accepté de nous partager son expérience. Après avoir passé son Bac Vente à l’île de La Réunion, il a décidé de partir au Québec pour poursuivre ses études. Cela fait maintenant 5 ans que Yann est à Matane au Québec. Suite à son stage de dernière année, il a décroché le poste qu’il occupe actuellement comme  » Gestionnaire de communauté » chez le Groupe PVP. Malgré un choc culturel et climatique, Yann s’est très bien adapté. Il est actuellement en pleine démarche pour obtenir « la résidence permanente ». Je vous laisse découvrir son interview. L’envie pourrait vous prendre de partir travailler au Canada… Un grand merci à Yann pour ses réponses !

En quoi consiste le poste que tu occupes actuellement au Canada ?

Je suis Gestionnaire de communauté. C’est l’équivalent du Community manager en France. Mon travail consiste à faire la promotion sur le web de nos produits sponsors, des séries télé que l’on envoie à nos diffuseurs ou encore de nos événements. J’essaie aussi de transmettre mes compétences à des entreprises qui en ont besoin sur le web : comment utiliser efficacement facebook, comment être présent sur les médias sociaux… Je mets en place des systèmes de conférences, d’ateliers ou de formations. C’est intégré à mes missions chez PVP en plus de l’animation de la communauté. En résumé, Je gère la visibilité de l’entreprise en elle-même sur le web. Je commence petit à petit à m’intégrer un peu plus dans les projets TV, mais mon cœur de métier repose vraiment sur la partie web et visibilité.

Tu travailles donc pour le Groupe PVP. Que font-ils ?

Le Groupe PVP existe depuis 25 ans et est basé en région, à Matane dans l’est du Québec. Pour faire simple, on fait de la télé et depuis maintenant 10 ans, on fait aussi du web. On développe des projets télévisuels de A à Z, du scénario au tournage en passant par le montage. On livre ensuite le produit fini à des chaines comme RDI, TFO, Canalvie ou ARTV. On a aussi fait une série, Artisans du changement, qui a été co-produite par des français et qui est diffusée sur Ushuaïa TV et TV5 monde. Elle a très bien fonctionné.

Canada
Les entreprises canadiennes recherchent-elles des profils axés web ? Des expatriés ?

Je ne croise pas souvent d’expatriés, étant à 6 heures de route de Montréal. Mais il y en a pas mal, je me suis fait mon réseau sur Twitter et Facebook. Il y en a beaucoup en stage ou qui vivent ici depuis un petit moment. Sinon, les entreprises canadiennes sont très ouvertes pour des stages ou des postes en community management et en web. Donc oui, si tu es community manager, programmeur ou autre en France, tu as tes chances ici. Il y a beaucoup d’offres, il y a un besoin. Au Canada, les entreprises sont très nombreuses certes, mais elles sont très compétentes et se complètent entre elles. Il faut être original, aller de l’avant et c’est ce qu’ils font au Québec. Nous sommes au même niveau de compétences que la France. On expérimente les même choses, notamment en matière de transmédia en ce moment.

  • Les canadiens font-ils leur veille à la source chez les américains ou aussi du côté français ? Que pensent les canadiens des français au travail ?

Ils sont vraiment ouverts à tout. Donc ils vont aussi bien aller voir du côté américain que français pour voir ce qu’il se fait. Pour sentir les tendances du moment. Chacun de nous possède ses propres forces et propres faiblesses. Les français sont bien vus, ils les trouvent juste un peu trop pointilleux, stricts sur des détails.

  • Quels sont les profils du web les plus recherchés dans les entreprises au Canada ?

Les développeurs sont très demandés.Les entreprises ont du mal à les trouver car ils sont très exigeants sur les profils recherchés. Ils demandent beaucoup de connaissances et de compétences. Le community manager est également en vogue, vu que c’est un nouveau métier. Les entreprises ont besoin de quelqu’un au sein de leur équipe qui sache faire de la gestion de communauté.

  • A quoi ressemble le marché du web là-bas ?

C’est très développé, ils sont toujours à la recherche de nouvelles technologies et de nouvelles expérimentations. Ils sont sur le devant de la scène. Il y a l’ONF (office national du film), c’est l’un des précurseurs du modèle transmédia au Canada. Cette entreprise là elle va beaucoup de l’avant. Elle fait beaucoup de projets et ça marche pas mal.

  • Est-ce qu’il y a des différences dans la manière de gérer des projets web ? Est-ce qu’ils se démarquent des français ou des américains avec une touche ou un ton personnel ?

Dans la gestion ce n’est pas vraiment la même chose. En France vous avez la méthode Agile. Ici on n’a pas cette méthode, on y va, on fonce. C’est très entreprenant comme mentalité. C’est parfois une lacune de pas faire comme vous, votre méthode est assez complète et semble porter ses fruits.

  • Au niveau de la vie au travail, du fonctionnement des entreprises, quelles sont les différences ?

Il y a une grosse différence au niveau de la hiérarchie. Par exemple, je peux aller voir mon patron dans son bureau pour lui parler, je le tutoie et je n’ai pas nécessairement besoin de prendre rendez vous avec lui pour le voir. Ils sont très ouverts à la discussion, très proches de toi. Un peu comme un ami. En France, c’est plus hiérarchique, il y a le boss et toi, tu es en bas. Ici, nous avons plus une logique de management horizontal.

  • Combien gagne un community manager au Québec ?

De ce que j’en ai vu, un community manager gagne 30 000 € à l’année en commençant. Mais ce n’est pas forcément une généralité. Tout dépend de si l’on travaille en agence ou chez l’annonceur, des responsabilités qui sont données… C’est très variable.

canada matane

  • Le système des congés payés est assez contraignant visiblement ?

Pour une année de travail, tu as le droit à deux semaines de congés payés avec 5 jours de congés maladie sans justification. Et pour 5 ans dans l’entreprise tu as le droit à 3 semaines. Mais après, si tu cumules des heures supplémentaires de travail, je pense que tu peux t’arranger avec ton patron pour prendre plus sans attendre 5 ans d’ancienneté. Malgré tout c’est assez facile à vivre, car ici tu es payé toutes les semaines ou toutes les deux semaines.

  • Qu’est ce que tu conseillerais à un travailleur français qui a envie de venir au Canada, de tenter l’expérience et d’essayer de travailler dans le web là-bas ?

Sans hésiter, il faut venir bosser ici ! J’en ai déjà converti quelques uns d’ailleurs qui étaient en France. Mentionner sur ton CV que tu as traversé l’Atlantique pour aller faire ton stage ou travailler, ça vaut son pesant d’or. Il faut par contre avoir de la volonté, il y en a beaucoup qui commencent les démarches et ils se rendent compte que c’est trop lourd, trop long, trop cher. Donc il faut tenir. Et puis avoir un bon compte en banque afin de payer tes papiers et de pouvoir vivre. Enfin, bien faire la différence entre le Québec et le Canada. Il faut aussi connaître l’histoire de ton pays, et de ta famille. Les Québécois adorent connaître ton histoire, ton pays, d’où tu viens… Ils en sont très friands.

  • Quels sont les points négatifs et les points positifs de ta vie là-bas ?

Le gros point négatif c’est l’éloignement de ma famille qui pèse beaucoup. Et aussi le nombre faramineux de démarches à faire et le prix à payer pour avoir les papiers. Le gouvernement cherche à progresser mais il y a encore beaucoup de travail à faire. Le point positif, c’est vraiment l’ouverture d’esprit des québécois. Ils sont toujours là à te poser des questions, à s’intéresser à toi. Lors de mes études, ce qui m’a interpellé, c’est la proximité entre les profs et les étudiants. Comme actuellement au travail entre les chefs et les employés. Les profs te suivent de A à Z, même sur leur temps libre. C’est un pays ouvert avec un contact facile. Il ne faut pas oublier les magnifiques paysages. Et moi, ce qui me fait craquer, c’est l’accent Québécois !

  • Si tu devais résumer ton expatriation en une phrase ?

Une expérience que je suggère à tous, qu’il faut vivre au moins une fois dans ta vie.

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