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Débat du mois : La mobilité en province, par les fondateurs de Provemploi

Flavien Chantrel, le 10 octobre 2011

logo débat Continuons notre Débat du mois spécial équilibre vie pro/vie perso en nous intéressant maintenant à la mobilité professionnelle en province. La recherche d’un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle passe-t-elle par le « Quitter Paris » à tout prix ? Voici donc une interview d’Edouard Chabanon et Antoine Colson, les fondateurs de Provemploi, le Salon de l’emploi et des projets et régions, qui se tiendra le 11 octobre à Paris.

ProvemploiEdouard Chabanon et Antoine Colson sont les deux fondateurs du salon Provemploi. Celui-ci réunit des entreprises, des spécialistes de la mobilité, des régions… pour aider les candidats à la mobilité en province. Pour plus d’informations et des témoignages de personnes ayant quitté Paris pour s’installer en région, vous pouvez également consulter le blog de Provemploi.

  • Quelles sont les raisons principales qui poussent les gens à quitter Paris pour s’installer en province ? Est-ce justement la recherche d’un meilleur équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle ?

C’est sans aucun doute la recherche d’un meilleur équilibre personnel et professionnel. La vie parisienne est souvent vécue comme une course contre la montre, tant au boulot qu’au quotidien. Partir est donc le rêve de nombreux franciliens, en particulier des cadres et des jeunes familles (55% des départs) qui arrivent difficilement à jongler entre un travail prenant et une vie familiale active. Poser ses enfants à l’école, aller au bureau, voir ses clients, prendre la voiture… ce quotidien est un cauchemar dès qu’il passe par le boulevard périphérique ou le métro ! La Province est pour beaucoup la meilleure solution d’équilibre – les situations étant évidemment très différentes, entre une grande ville comme Marseille, une ville moyenne comme Poitiers ou Chalons en Champagne ou la campagne corrézienne !

  • En règle générale, est ce que vous observez une tendance plus forte à la mobilité ces derniers temps ?

Au delà des statistiques qui le prouvent (l’INSEE projette 300 000 départs par an en Province d’ici 2030), je pense que le principal changement est d’ordre culturel. Auparavant, Paris était l’endroit où faire carrière et celle-ci était la priorité. Aujourd’hui, le travail s’inscrit dans un choix de vie global et dans un choix de lieu de vie en particulier. Je constate que l’on choisit de plus en plus où l’on vit, parfois indépendamment de choix professionnels : c’est une grande nouveauté. Par ailleurs, les Français sont beaucoup plus mobiles qu’auparavant ; la mobilité étudiante en est la parfaite illustration. On dit des Français qu’ils sont casaniers, mais c’est faux ! Ils sont parmi les plus mobiles d’Europe.

  • Quelles sont les questions à se poser lorsque l’on souhaite se lancer dans un tel projet ?

C’est un projet que l’on doit avant tout construire ensemble si l’on vit en couple ou en famille. La plupart des échecs sont liés aux difficultés d’intégration du conjoint ou de la famille. Pour ne rien regretter, il faut également savoir ce que l’on gagne à partir et ce que l’on y perd. En somme, il faut « choisir » sa mobilité – plutôt que fuir Paris et ses difficultés. De manière générale, il vaut mieux éviter de partir sur un coup de tête, et anticiper les aspects professionnels et financiers de cette démarche !

  • Quelles sont les difficultés auxquelles peuvent se heurter les candidats à la mobilité ?

La mobilité est un rêve qui se heurte aussi à certaines réalités. Des réalités professionnelles, matérielles, financières et sociales. La principale erreur, c’est de les ignorer. Il faut donc faire des repérages sur place à l’avance, ficeler un projet professionnel, partir avec un peu d’argent… et si possible rencontrer du monde et découvrir les « réseaux » de sa prochaine destination.

  • Dans quelle mesure le salon PROVEMPLOI aide-t-il les candidats à la mobilité ?

L’objectif de PROVEMPLOI est d’apporter toutes les clés de la mobilité professionnelle et personnelle sous un même toit. Au delà des offres d’emploi proposées dans toute la France, le Salon réunit aussi de nombreuses régions qui présentent les jobs actuellement à pourvoir sur place, les dispositifs pour créer / reprendre une entreprise, des réseaux de franchise, des déménageurs… Le Salon permet aussi de trouver le déclic pour réaliser ce projet – auquel pensent près de d’un francilien sur deux ! D’ailleurs, six mois après le Salon, près de 40% des visiteurs sont effectivement partis !

  • Quels sont les retours des personnes que vous avez aidées ? Avez-vous quelques anecdotes à ce sujet ?

Nous invitons les visiteurs à nous tenir au courant de leurs aventures ! Les trajectoires sont d’ailleurs très variées. Un couple passé sur le Salon a créé une boutique de loisirs créatifs à Clermont-Ferrand en début d’année. Toujours en Auvergne, l’un des visiteurs travaille en freelance dans l’informatique depuis le Cantal. Nous avons également eu beaucoup de recrutements dans des grandes métropoles, à Nantes dans l’informatique, à Bordeaux dans le e-commerce, à Lyon dans la grande distribution… Le message que l’on reçoit le plus souvent de leur part ? « Aucun regret ! »

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