Datanomics : les nouveaux business models des données (2 livres à gagner)

datanomicsIl y a trois ans, nous avions eu le plaisir de recevoir sur le blog sous forme d’interview Simon Chignard, alors président de l’association Bug et vice-président de la Cantine Numérique Rennaise, pour la sortie de son livre Open data, comprendre l’ouverture des données publiques. Nous le retrouvons aujourd’hui pour un nouvel ouvrage écrit avec Louis-David Benyayer intitulé Datanomics, les nouveaux business models des données et sorti encore une fois chez FYP éditions. Les deux coauteurs y traitent des données, de leur multiplication, de leur utilisation dans les stratégies des entreprises ou des organisations mais aussi des opportunités qu’elles offrent et des business models qui en découlent. Un sujet passionnant à l’heure ou le big data est sur toutes les lèvres et où les données sont au centre de toutes les discussions. Les deux auteurs vous apportent une réelle expertise et de nombreuses années d’expérience. Simon Chignard est Data Editor de la mission Etalab, service du Premier ministre en charge de l’ouverture des données (data.gouv.fr) et Louis-David Benyayer est membre du réseau d’experts de la mission Etalab et chercheur en stratégie  à l’ICD Business School.

Intéressé pour aller plus loin ? Un site a été mis en place pour prolonger l’aventure : Datanomics.fr. Mieux encore, nous vous proposons de gagner deux exemplaires du livre. Vous pouvez participer en tweetant cet article (un livre à gagner par tirage au sort) ou en laissant un commentaire sur cet article (un autre livre à gagner, toujours par tirage au sort.). Fin du concours le lundi 8 juin à midi. En attendant de dévorer les 160 pages de Datanomics, on vous laisse lire cette interview qui vous mettra l’eau à la bouche.

Après un ouvrage consacré à l’open data en 2012, vous revenez avec Louis-David Benyayer avec un ouvrage sur les business models des données. Est-ce une continuité dans l’exploration du sujet, ou est-ce que le sujet des données a glissé vers des aspects plus financiers ?

Les deux ouvrages s’intéressent au même objet, la donnée. Mais leur approche est différente. En 2012, l’open data était un mouvement naissant. En 2015, l’ouvrage Datanomics s’intéresse à la valeur des données, qu’elles soient ouvertes (open data), massives (big data) ou personnelles. Que valent les données ? C’est une question pas simple en apparence. Datanomics est aussi le fruit de nos expériences : Louis-David a fondé le think tank Without Model dédié à l’innovation de modèle économique et pour ma part j’ai rejoint l’équipe de la mission Etalab, en charge de la plate-forme ouverte des données publiques data.gouv.fr. Nous sommes donc les observateurs, mais aussi parfois les acteurs de la révolution des données.

On parle beaucoup de big data, sans forcément en comprendre le sens. Comment résumeriez-vous ce concept, et les problématiques qu’il engendre ?

Il y a plusieurs approches possibles du big data. La première consiste à insister sur le volume ou la diversité des données: IBM affirme par exemple que 90% des données ont été créées au cours des deux dernières années seulement. Une partie importante d’entre elles sont des données non-structurées, des traces ou des contenus sur les médias sociaux comme Facebook ou Twitter. Cela pose des défis technologiques, en matière de bases de données ou de traitement par exemple. La seconde approche, que l’on retient dans le livre, est de se focaliser sur les transformations liées à cette abondance de données. Tout change: c’est l’abondance (et pas la rareté) qui fait la valeur, les producteurs de données sont multiples (des humains et de plus en plus des objets). Il est dès lors de plus en plus difficile de détenir une donnée véritablement exclusive et donc de monétiser sa rareté.

Vous expliquez dans le livre que la valeur n’est pas dans la donnée, mais dans son exploitation. Plus précisément, qu’est-ce qui lui donne cette fameuse valeur ? Comment peut-on exploiter les données pour en tirer quels avantages ?

Dans Datanomics nous avons identifié trois facettes de la valeur des données. Quand elle revendue par celui qui la collecte ou l’agrège, la donnée est une matière première. Quand elle est utilisée sans marchandisation, par exemple pour réduire les coûts ou développer les revenus, la donnée est un levier. Enfin, quand elle devient une arme pour prendre pied sur un marché, ou défendre son positionnement, elle est un actif stratégique. Bien sûr ces trois formes (matière première, levier, actif) peuvent se combiner, comme le montrent bien les grandes entreprises du web. Amazon par exemple utilise les données pour personnaliser son offre et ses prix – si vous visitez le site d’un comparateur de prix avant d’aller sur Amazon, on vous proposera un meilleur tarif. L’analyse des données lui permet aussi de développer de nouveaux produits comme le Kindle. Le service devient ainsi unique pour chacun des clients, toujours plus efficace et donc aussi plus difficile à quitter.

Si la donnée est un avantage concurrentiel, le manque de vision sur ce sujet peut-il au contraire porter préjudice aux entreprises ?

Tout à fait. Le patron de la SNCF a déclaré récemment que son principal concurrent ce n’était pas la Deutsche Bahn (son homologue allemand) mais Google. Il a sans doute raison. Avec les données, on voit de nouveaux acteurs qui attaquent des marchés parfois très éloignés de leur activité initiale. Prenez l’exemple d’Uber: qui aurait pu parier il y a encore 5 ans que la principale menace pour les taxis serait une société qui n’existait même pas encore et qui ne détenait aucun véhicule ? Ne pas se préoccuper aujourd’hui des données, c’est prendre le risque de se priver d’un outil puissant ou pire, de se faire sortir de votre marché par un futur concurrent.

Les données ne concernent pas que les entreprises, mais aussi les individus. De quelle manière ?

Les individus sont aussi producteurs de données. On pense bien sûr au Quantified Self, ce mouvement de mesure de soi notamment à l’aide d’objets connectés. Mais plus généralement les individus produisent aussi des données sans le savoir, par exemple en cliquant ou en retweetant un contenu – ce que l’on appelle le digital labour ou « travail gratuit ». L’utilisation des données personnelles, par les entreprises ou les Etats, pose aussi des questions en matière de respect de la vie privée.

Pouvez-vous nous donnez des exemples concrets et emblématiques d’utilisation efficace des données par une entreprise pour se distinguer sur son marché ?

Blablacar, Criteo, Airbnb, … toutes les success stories du numérique utilisent massivement les données. Mais on trouve aussi des exemples dans des domaines plus traditionnels, comme l’agriculture. La start-up Fruition Sciences, présente à Montpellier et en Californie propose des outils d’aide à la décision pour les grands vignobles, via l’installation de capteurs sur les plants de vigne. Dans un tout autre domaine, celui du recrutement, la société Gild repère les développeurs les plus talentueux en analysant leur contribution sur des plateformes comme Github.

OFFRES D'EMPLOI WEB

Responsable Marketing CRM H/F

En collaboration étroite avec la Direction, vous accompagnez la Caisse Régionale dans son développement commercial et prenez la responsabilité de l'équipe CRM composée de 4 personnes. En lien avec le Pôle ...

Concepteur Développeur JAVA H/F

Geser-Best : société de service et d'ingénierie (300 personnes / 10 agences) accompagne ses clients depuis 1990 en proposant une offre de services étendue en France et à l'International allant ...

Concepteur Développeur J2EE H/F

Geser-Best : société de service et d'ingénierie (300 personnes / 10 agences) accompagne ses clients depuis 1990 en proposant une offre de services étendue en France et à l'international allant ...

Commentaires

  1. Jérémy
    28 mai 2015 - 15h57

    Très intéressant comme sujet ! Je participe au concours 🙂

  2. Ludo
    28 mai 2015 - 22h53

    Je participe aussi.

  3. Damien
    29 mai 2015 - 5h08

    Bonjour, le sujet est passionnant et nous concerne tous en temps qu’internaute, je participe au concours.

  4. Florentin
    29 mai 2015 - 22h48

    Après l’or jaune, noir et blanc, nous avons l’or virtuel et celui-ci va rapporter beaucoup plus que les 3 autres dorures citées !

    Merci pour ce concours.

  5. David B
    30 mai 2015 - 17h10

    Superbe article sur un sujet dont beaucoup de gens parlent mais que peu maîtrisent.
    Hâte d’en savoir plus avec cet ouvrage !
    Merci pour l’interview et pour le concours !

  6. Antoine
    1 juin 2015 - 0h27

    Ce livre a l’air très intéressant ! Les données que nous produisons et l’exploitation de ces diverses données par des tiers est souvent méconnue. J’ai envie dans savoir plus. Je participe !

  7. Michael
    2 juin 2015 - 15h05

    Le livre a l’air intéressant !

    Est-ce qu’il va traiter un peu l’aspect éthique également ? Et la tendance à demander aux utilisateurs de donner davantage de données contre des avantages matériels ou immatériels ?

  8. Carine
    4 juin 2015 - 12h28

    Je tente aussi 🙂

  9. Alexandra
    4 juin 2015 - 12h49

    Merci pour l’article et je souhaite participer au concours.
    Merci pour vos articles que je lis avec beaucoup d’attention.
    Bien à vous.

  10. Aurélie Blanche
    6 juin 2015 - 0h04

    Bonsoir,
    Un sujet très intéressant, alors je tente ma chance.
    Merci et bonne soirée.

  11. Fernando Borges
    7 juin 2015 - 23h46

    Bonsoir, voilà un sujet bien intéressant. Merci de proposer ce jeu, peut-être l’occasion de découvrir ce livre.

  12. Marie
    8 juin 2015 - 9h34

    Article très intéressant, qui laisse présager un livre passionnant ! je participe

Laisser un commentaire

Il est possible d’utiliser ces balises HTML :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar