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Changer de métier pour mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle ?

Anne-Laure Raffestin, le 18 octobre 2011

logo débatPoursuivons notre débat du mois avec une contribution de Sylvaine Pascual, coach en développement personnel, que vous pouvez suivre sur son blog. Elle s’est particulièrement intéressée à la question de la reconversion professionnelle : et si changer de métier pouvait aider à une meilleure conciliation vie privée/vie pro, et comment bien négocier le changement ?

Sylvaine PascualSylvaine Pascual, 44 ans, fondatrice et dirigeante du cabinet Ithaque Coaching et auteur du blog d’Ithaque: coaching des odyssées professionnelles. Agrégée, ex-professeur de classes préparatoires et membre du jury Mines-Ponts, je suis aujourd’hui coach spécialisée dans les évolutions professionnelles, et en particulier la reconversion, avec pour objectif constant le mieux-être professionnel.

Pour ceux qui veulent mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle, la reconversion, longue et coûteuse, ressemble à une trop grosse montagne pour répondre à des besoins urgents à combler. Elle peut cependant être un véritable investissement à long terme, à effet durable, pour peu qu’elle soit soigneusement élaborée.

Quand il commence à se manifester, l’idéal d’une vie plus apaisée, plus équilibrée et qui permet de profiter de ses proches s’exprime souvent dans l’urgence, et trouver des recettes toutes faites à appliquer rapidement semble être la solution évidente. Pourtant, lorsque le manque d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle génère un stress qui se rajoute à celui du travail, le ras-le-bol s’installe, s’amplifie, ces petites solutions sparadrap deviennent vite largement insuffisantes. Dans ces cas-là, changer de métier peut être un moyen de redessiner une vie non pas seulement professionnelle, mais aussi personnelle, et de construire un tout plus épanouissant et plus réjouissant. La plupart du temps, lorsque la voie de reconversion qui a été identifiée est totalement cohérente avec les besoins personnels et professionnels du salarié, même s’il travaille beaucoup, le stress engendré est complètement différent. Ou en tout cas perçu totalement différemment. Du coup le temps personnel est beaucoup moins pollué par des distractions d’ordre professionnel. En d’autres termes : on est moins obsédé par le boulot, donc plus disponible dans son temps personnel. On en tire alors davantage de satisfaction. Même s’il la quantité de temps personnel augmente peu, sa qualité est une sacré compensation.

Et pour cela, voici 4 étapes nécessaires pour que changer de métier rime avec vie apaisée plutôt qu’avec cauchemar avéré.

1- Vérifier les moteurs

Si trouver un équilibre entre vie privée et vie perso est le seul moteur de reconversion, il y a de fortes chances pour que celle-ci soit difficile : pour changer de métier avec succès, il est indispensable que la reconversion réponde à tous les niveaux de besoins. Concilier vie pro et vie perso n’est qu’un élément des besoins environnementaux, éventuellement des besoins en termes de valeurs et de sens, qui ne sont eux-mêmes qu’une partie de nos besoins. C’est donc un moteur insuffisant en soi, et il est indispensable d’explorer tous les niveaux de besoins (environnementaux, comportementaux, relationnels, besoins en termes de capacités, de tâches, de convictions, de valeurs, de sens) pour s’assurer que le désir de reconversion est bien réel. Faute de quoi, il vaut mieux réfléchir à une autre manière d’exercer son métier. Cette étape est indispensable pour que les bénéfices à changer de métier soient supérieur aux inconvénients générés par la période, plus ou moins longue, de formation, qui, si elle est menée en parallèle d’un emploi à temps plein, rend encore plus difficile la conciliation vie pro/vie perso !

2- Accepter la perte de statut pour le gain d’estime de soi

Lorsqu’on a atteint un niveau dans l’entreprise qui ne permet plus une conciliation sereine vie professionnelle/vie privée, la plupart du temps, une reconversion va impliquer de diminuer son niveau de responsabilités. Cela signifie l’acceptation de la perte de statut. Pour nombre d’entre nous, le statut est essentiel : si le monde reconnaît nos accomplissements, alors c’est qu’ils ont de la valeur. C’est en réalité l’expression d’une estime de soi fragile, qui donne au regard de l’autre le pouvoir de l’évaluer. Du coup, la crainte de la perte de cette reconnaissance externe est un frein à une reconversion. Pourtant, les nourritures affectives gagnées dans une vie plus équilibrée, alimentent la reconnaissance interne, qui est un allié bien plus sûr de l’estime de soi.

3- Accepter la perte de revenu pour le gain de bien-être

L’autre conséquence directe de la rétrogradation, c’est la perte financière. Cependant, gardons en tête que le bien-être à un coût. Un salarié moins stressé et dont les pensées ne sont pas entièrement phagocytées par le travail passera davantage de temps de qualité avec ses proches ou dans ses activités personnelles. La diminution de revenu peut être alors largement compensée par les bénéfices en termes de mieux-être personnel et familial.

4- Vérifier la réalité du métier

Parce que certains métiers nous font rêver, on peut en avoir une vision parcellaire et inexacte. On pense typiquement au syndrome de la chambre d’hôte : le rêve d’une vie paisible et harmonieuse, dans un environnement délicieusement rural ou tranquillement touristique. Or, c’est aussi un travail potentiellement très prenant, aux nombreuses tâches ingrates et dans lequel les horaires habituellement familiaux sont consacrés aux clients. Vérifier la réalité d’un métier permet de prendre des décisions en connaissance de cause et d’éviter les mauvaises surprises. Rares sont les métiers totalement incompatibles avec une meilleure conciliation vie pro/vie perso, en revanche, c’est le fait de connaître avec précision la façon dont ils s’exercent qui permet de trouver des solutions adaptées. Pour cela, il est nécessaire d’aller passer quelques jours avec un professionnel pour observer son quotidien. Des organismes proposent ce type de prestation à prix d’or, mais il suffit le plus souvent de prendre son téléphone et de contacter par soi-même des professionnels de sa région. Il n’est pas rare que ceux-ci soient ravis de partager leur expérience et de parler de leur métier.

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