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5 questions à… France, de Secrétitude RH

Flavien Chantrel, le 7 novembre 2008

secretitudeLancé il y a seulement quelques semaines, le blog de France Secrétitude RH a déjà réussi à s’imposer sur notre plateforme. Au programme, des billets pleins d’humour sur l’actualité du monde de l’emploi, la formation continue ou encore le parcours de France. Sa fine plume et ses anecdotes croustillantes font mouche. Pour vous permettre de mieux la découvrir, voici une interview où elle aborde son parcours, ses envies et sa vision du blogging. Bonne lecture !

  • Tout d’abord, présente-nous ton profil.

Présenter mon profil ? pppffiouuu … Iconoclaste, atypique, je ne suis jamais là où on m’attend. Mon époux (le cher homme, que ma meilleure amie le garde) me décrivait comme une nana « passionnante à suivre mais difficile à vivre ». Origines slaves et latines mêlées, j’ai passé mon enfance et de nombreuses années de ma vie de femme en Afrique Noire. Dans mon village de Casamance, au bord du fleuve, je possède une « concession », avec une case dessus où j’irai me poser quand je serai vraiment devenue trop vieille pour les conneries du monde dit civilisé. En attendant, je cours m’y réfugier quand la métropole me devient trop insupportable 🙂

Dans la vie, je suis d’apparence normale et souriante. Après mes journées passées sur un site industriel à gérer au quotidien 150 personnes, melting-pot socio-culturel toujours en mouvement, j’aspire à la sérénité paisible de ma Tanière. Mes passions sont celles d’une solitaire : l’écriture et la photo. Je ne suis pas pour autant asociale, au contraire. Disons qu’à bientôt 50 ans, je suis enfin en paix avec moi-même et j’entretiens avec le monde extérieur des relations chaleureuses mais teintées de prudence et de recul.

  • Tu vas commencer une VAE, peux tu nous expliquer en quoi cela consiste ?

Tout est dans le sigle : Validation des Acquis de l’Expérience, dispositif de la formation continue qui permet à chacun et à tout âge, d’obtenir le diplôme ou la qualification qui correspond à son expérience. Pour peu bien entendu que cela lui soit d’une utilité certaine : promotion interne, bascule professionnelle, évolution dans une autre entreprise ou dans un autre secteur d’activité.

J’en ai fait un rapide historique dans le blog. En 2002, elle a pris la suite de la VAP qui n’en a pas pour autant disparu, contrairement à ce que pensent de nombreux DRH. C’est un exercice de style dont la difficulté principale réside moins dans l’obligation de coller à un référentiel que d’être capable de « se regarder travailler » et de restituer des années d’expérience dans un cadre très précis. C’est une démarche d’analyse du travail qui ne doit pas être prise à la légère car elle est complexe et chronophage.

Au risque de faire tomber en syncope bien du monde, j’ai envie de dire que si notre pays était moins fanatique de diplôme et plus de compétences, le législateur n’aurait peut-être pas eu à créer la VAE ! On nous rabâche les oreilles de gestion des compétences mais au moment de recruter ou de promouvoir, on juge encore son prochain à l’aune d’un papier qui certifie un niveau d’étude sans garantir l’aptitude de celui qui le possède.

J’appartiens à cette génération qui n’a pas nécessairement fait ou pu faire les études dont elle rêvait. Dans mon cas, c’est plutôt un bien puisque j’ai fait « mon droit » comme on dit … je me suis enfuie de la fac avant de mourir d’ennui ! En 2007, j’ai décidé de reprendre mon « chemin de vie professionnelle » en main et de ne plus me contenter d’être un presse-bouton. Mon truc, mon dada, ma tasse de thé, c’est la formation. Pas la mienne, celle des autres, ceux que je côtoie chaque jour et qui méritent bien mieux que les miettes d’un plan de formation souvent minimaliste. Pour parvenir à décrocher un poste de Responsable de formation, je n’avais pas d’autre choix que de repartir à l’école. Une VAE sur la Licence Formation des adultes et la préparation en parallèle du Master. Pour tout dire, ça me coûte peu d’effort : arpenter à nouveau un campus et traîner mon vieux jean sur les bancs des amphis en compagnie de ceux qui pourraient être mes mômes, je trouve ça ravigorant !! Si vous saviez à quel point notre jeunesse actuelle est vivante (même si sa façon de s’habiller me désarçonne un peu).

  • Certains de tes billets sont plein d’humours, est ce une manière de faciliter l’interaction avec les autres blogueurs?

C’est dans ma nature. Si je possède une seule aptitude, c’est celle du bonheur. En toute circonstance, je m’oblige à ne regarder que devant. De plus, je ne supporte plus la morosité dans laquelle les gens s’enferment. Ou dans laquelle on les enferme sciemment. On peut tout à loisir me rétorquer que la vie est dure, bien sûr … qu’il est plus confortable de fermer sa porte que l’ouvrir, bien sûr … que le foie gras, c’est meilleur que le pâté de chien bien sûr ! A ceux-là je réponds qu’au plus creux du très creux de la vague qu’il m’est arrivé de vivre, c’est encore autour d’un plat de nouilles que sont nés les plus chauds souvenirs. Je m’efforce toujours de recentrer sur l’essentiel ceux qui sont tristes, abattus, découragés. L’humour, c’est aussi ma façon de désacraliser une fonction, désarmer une bombe, détendre, partager.

  • Quel message aimerais-tu envoyer aux employeurs lisant cette interview ?

Honnêtement, je ne sais pas … Je vais me griller mais tant pis. Il serait temps de rendre sa place au bon sens, à l’essentiel et renvoyer au l’ANPE Pôle Unique, ceux qui réclament 6 mois de réunion, 2 tonnes de rapports et des heures de noyage de poisson pour comprendre qu’un diplôme n’a jamais garanti la compétence, que la compétence peut s’exercer sans des années de pratique, que la pratique n’a pas besoin de cravate pour être efficace. L’image de marque d’une entreprise, c’est de l’intérieur qu’elle se forge. Pas assez intelligente pour expliquer, je les renvoie à la lecture de Friedmann, Malglaive et Ellul réunis.

  • Enfin, qu’est ce qui t’attire dans le concept du blog emploi ?

Paradoxalement, je ne suis pas en recherche d’emploi … et après cette interview, je sens que ça tombe bien … à moins qu’un plus iconoclaste que moi décide de relever le défi de me confier son service Formation 🙂

Dans la blogosphère depuis plus de 5 ans, j’ai fait un virage à 180° quand j’ai entamé les démarches de la VAE. La plate-forme « généraliste » sur laquelle j’étais ne convenait pas à ce que je souhaitais partager. Je souhaitais raconter cette expérience, aider ceux qui le souhaitent en partageant des ressources auxquelles ils n’ont pas accès. Offrir également à ceux que cela intéresse des informations sur les cours du CNAM que je suis en parallèle à la VAE. Puis à cette envie, s’est ajoutée celle de parler en riant de choses sérieuses. Une façon de prendre le contre-pied des blogs de professionnels qui se prennent tellement au sérieux que cela en devient risible.

Pour tout cela, la plate-forme « emploi » s’imposait d’elle-même.

Le blog Secrétitude RH

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Commentaires
  1. FmR dit :

    Merci France pour cette interview pleine d’esprit. On en sait un peu plus maintenant !

  2. Patricia dit :

    Je partage ton point de vue sur le recrutement. Mais je crois que le problème vient surtout qu’il n’existait aucune méthode réellement adaptée au besoin des entreprises.
    C’est difficile à mettre en place et surtout à répondre à toutes les exigences des employeurs.

  3. BJC dit :

    Une sacrée interview et une France toujours égale à elle même ! Pleine d’esprit et de vivacité.
    Merci de tous ces partages !

  4. Véronique dit :

    Oui, un vrai plaisir que de la lire à chaque fois! J’espère que sa démarche aboutira et la rapprochera de ce qu’elle souhaite concrètement.

  5. France dit :

    Après BJC, le modérateur … mon égo déjà à tendance surdimensionné en reprend une couche. Si je suis parmi vous aujourd’hui, c’est grâce à ma « marraine » Patricia et à notre BJC nationale, toutes deux à la fois soutien de la première heure et formidable outil de com :-))) …

    Pour répondre à Patricia sur le recrutement, je dirai que ce dont les RH ont vraiment besoin, ce n’est pas forcément d’un outil. Je préconiserais plutôt de les renvoyer régulièrement travailler sur la psychologie sociale et cognitive. Nous travaillons sur l’Humain et à vouloir tout modéliser, nous avons oublié une chose pourtant rudement importante : l’Humain n’est pas modélisable ! Pour paraphraser Frank Herbert, « toute solution qui tend à devenir définitive est par définition, une solution morte ». Et tous les outils du monde ne nous donnent au final que des solutions mortes. Nulle part dans les formations RH, on n’apprend à regarder, à écouter, à être projectif quand un humain nous fait face en entretien, quelque soit l’outil (puisqu’il en faut bien un au départ) qui nous ait permis de le rencontrer.

    Je me sauve, j’ai encore Mode d’emploi à aller explorer avant de me faire un Xième café et d’aller photographier Bordeaux dans la brume. Excellent week-end à tous.

  6. Franck61 dit :

    Merci France de nous avoir fait partager ton expérience !

    « Ton homonyme » masculin

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