Le média des professionnels du digital
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5 questions à… Buy my brain

Flavien Chantrel, le 3 mars 2009

buy my brainFmR vous avais déjà parlé du concept entourant le blog Buy my brain. A une époque ou les temps de cerveau disponibles sont de plus en plus recherchés et où les jeunes diplômés sont en solde sur eBay, elle a décidé d’offrir ses neurones au plus offrant. Une vraie affaire, « quelques doses de caféine et de biscuits bon marché suffisent à entretenir ses batteries« . C’est un vrai régal de suivre ses (més)aventures au quotidien et sa veille sur les publicités créatives. Douée d’un talent rare pour l’écriture, elle mêle humour, dérision et deuxième degré à la perfection. Attention, risque d’addiction… Vous l’aurez compris, il y a des affaires à faire ! Cette interview vous permettra de mieux la connaître, bonne découverte !

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  • Tu es nouvelle sur la plateforme. Peux tu nous présenter ta situation professionnelle ?

Pour reprendre une réplique célèbre qui, j’espère, ne dépassera pas, je dirais « ça dépend » ! Je suis diplômée d’un Master en communication d’entreprise, promotion (ou plutôt destockage) 2007. « Précieux » papier en poche et investissement déraisonné dans ma paire de lunettes Mikli rouges (oui, celles censées traduire une créativité débridée et restées synonyme de myopie…), ma monture et moi sommes parties à la conquête de l’emploi. Je me doutais que la recherche ne serait pas « un long fleuve tranquille » mais de là à me retrouver dans « Duel au soleil » ! Finie la comédie, bonjour le western… J’ai vite compris que dans le monde de la communication, nous sommes nombreux à être appelés et qu’il fallait dégainer le CV plus vite que l’autre pour être élu !

Suivirent quelques aventures du quotidien que je résume sur mon blog par l’équation mathématique M2 x (A + 1,5) = ? Puis en décembre 2007, j’ai été rappelée par une agence de com’, la place et les missions proposées me plaisaient (communication au sens large, conception, rédaction, événementiel, relation presse …tout cela pour des clients très divers). Tout était rose…rose jambon plus que rose bonbon…et il manquait le vert dollar ! Et oui, on ne pouvait pas m’embaucher en tant que salariée ! L’agence fonctionnait sur le principe du collectif de freelance, on partage les même locaux, collabore avec les mêmes clients, mais nous sommes tous indépendants.

L’idée d’être une lonesome-com’girl ne m’avait pas effleurée auparavant, mais ici c’était différent, je n’étais pas seule dans mon salo(o)n, mais en agence avec des collègues et le contenu du travail me séduisait vraiment, donc j’ai accepté. Cela a été une très bonne expérience, j’ai énormément appris en travaillant sur des projets très différents…Mais ma situation n’est pas très confortable, tant au niveau organisationnel (faire son métier de communicante en étant aussi sa commerciale, sa comptable et sa chargée de clientèle aux canines affûtées qui doit menacer pour que les factures soient réglées) que financier (charges déduites il ne reste pas toujours de quoi se faire un ciné en fin de mois). En résumé, je suis une indépendante sans revenus fixes avec des horaires de bureau, un directeur d’agence…et une convention de partenariat arrivée à son terme fin février…c’est grave, docteur ?

Voilà pourquoi aujourd’hui j’aimerais évoluer, changer de statut et travailler sur d’autres projets, plus ambitieux, plus créatifs…un peu de rêve dans ce monde de com’ ! Donc pour taper dans l’œil d’un recruteur (sans utiliser la violence), j’ai décidé de vendre mon cerveau !

  • Peux tu nous expliquer ton concept « BuyMyBrain » ?

L’idée est née d’une petite phrase que tout chercheur de job a déjà entendu : « Il faut vous vendre » ! Le concept a pris réellement forme le jour où mon conseiller ANPE, qui avait dû trouver la citation de Nietzsche dans une papillote (c’était à Noël dernier), me dit : « Soyez le maître et le commercial de vous-même »…ça ne s’invente pas ! De là, deux choses, déjà cela a permis à mes zygomatiques de faire leur quart d’heure de gym obligatoire, puis mes neurones se sont emmêlés et un constat s’est imposé : les candidatures avec le bon vieux CV, j’ai tenté, il ne faut pas rêver, à moins d’avoir de l’expérience et de très belles références (ce qui est plutôt rare à 25 ans), très peu de chance d’être rappelé. Il faut donc se poser le problème autrement…

Si on voit son verre de champagne (oui, dans le milieu de la com’ on rajoute toujours quelques bulles à ses exemples) à moitié vide, on se dit que pour 1 annonce nous sommes 500 (et je pèse mes chiffres) à envoyer notre candidature. Si on le voit à moitié rempli on se dit que l’on est autorisé à adopter une démarche de recherche originale…et que le meilleur moyen si on a soif, c’est encore que le maître de maison vienne nous servir et nous dise où sont rangées les bouteilles…

L’idée est donc de sortir de la pile de CV entassés sur le bureau du recruteur et d’y aller franchement. Les jeunes diplômés sont tellement nombreux et leurs parcours sont tellement « similaires » qu’il y a forcément une déshumanisation dans le traitement de leur candidature. C’est donc un petit clin d’œil, « puisqu’il faut se vendre » et bien prenons-le au premier degré et vendons notre cerveau ! (Certains ayant un packaging plus avantageux que d’autres peuvent envisager de vendre d’autres parties de leur anatomie…buymybreast…buymy…enfin je vous laisse inventer le vôtre).

L’avantage de BuyMyBrain est que le « concept » peut être décliné, le site est une première accroche, le blog tente d’aller plus loin, en offrant plus de contenu. Comme je recherche un poste dans la communication, mais pourquoi pas (soyons fous, comme une autre boisson qui pétille) dans l’univers de l’écrit ou de la publicité, le blog me permet « d’étaler » mon style rédactionnel, chose impossible dans le duo imposé lettre de motivation/CV.

J’avais aussi pensé mettre mon cerveau aux enchères…trop tard ! C’est la dure loi des idées, il n’y a pas de monopole ! Je prévois de faire quelques petites vidéos sous forme de spots publicitaires…en espérant que le buzz prendra ! Et puis j’ai quelques autres idées dans la boite (crânienne, bien sûr).

  • Qu’est ce qui t’attires dans le domaine de la communication ?

La diversité, la créativité et le petit point d’interrogation que les gens ont dans le regard lorsque je leur dis que je « fais de la communication ». Plus sérieusement, la com’ est un excellent remède contre la monotonie et l’ennui en entreprise, il n’y a pas de quotidien. C’est un domaine très vaste, surtout en agence où l’on est amené à travailler avec des clients complètement différents et à mener des projets qui le sont tout autant. J’ai travaillé autant dans le secteur culturel qu’avec l’industrie ou les administrations. Cela permet une bonne gymnastique des méninges, les propositions, les messages, les supports sont spécifiques à chacun… C’est aussi le travail d’équipe qui me plait, on ne reste pas seul dans son coin, on rencontre, on confronte, on mène des projets ensemble.

Ce qui m’amuse aussi, c’est que les gens ne savent pas toujours ce qui se cache derrière le terme de « communication ». Mes amis, mon conseiller ANPE…même ma maman ne comprend pas ce que je fais…elle doit dire à ses copines « ma fille a fait bac+5 pour communiquer avec des gens…on aurait mieux fait de lui payer un psy !». La communication est une espèce de nébuleuse contrairement au marketing ou à la publicité qui sont des domaines clairement identifiés. Le marketing a une connotation de sérieux, il y a des chiffres, des analyses, un aspect commercial… La publicité c’est de la « créativité concrète », il y a un message et un support clairement identifiés… La communication se situe quelque part entre les deux, c’est un travail de fond qui mêle différentes actions parfois mal comprises (comme les partenariats, les relations presse…), dont les retombées sont difficilement quantifiables. C’est un domaine jugé à tort par certains comme superficiel, ce manque de « reconnaissance » est un peu dommage. La com’ doit faire sa propre com’…paradoxe qui me plait assez !

Sinon, dotée de neurones « cré-actifs » particulièrement joueurs avec les mots, mon cerveau rédige aussi des piges pour la presse quotidienne régionale et le Net…donc il peut se brancher sur ce secteur sans trop de risques d’implosion.

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  • Tu croques tes collègues à pleines dents, est ce bon pour le travail d’équipe ?

Alors pour corriger « un peu si je puis », je ne suis pas boulimique et je ne croque qu’un seul collègue, celui tombé dans les pommes à la naissance : Ludo le graphiste ! Comme disait Desproges : « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». En entreprise comme ailleurs je m’en tiens à ce précepte, je choisis la galéjade en fonction de la cible et tout se passe pour le mieux !

Dans ce cas précis, Ludo est celui qui m’a encouragée à faire mon blog, à force de recevoir des mails de travail à caractère humoristique, il m’a persuadée d’écrire. Il m’a aussi donné de sérieux coups de mains pour le graphisme du site et du blog, j’en profite pour remettre une couche de remerciements ! C’est davantage un camarade de bureau qu’un simple collègue, je savais que je pouvais me permettre la boutade. Il était d’ailleurs prévenu, a lu le billet en avant première et comme il a pouffé devant son Mac ça voulait dire que je pouvais publier! Cela dit, on pourrait disserter longtemps sur les règles d’usage de l’humour au travail, de la bonne formule, du défroissement des susceptibilités à grands coups de fer à repasser le verbe ! Cela fera peut-être le sujet d’un prochain billet ! L’humour devrait être mis au programme des grandes écoles, cours du management ? chapitre 1 : vous pouvez faire passer beaucoup plus avec une petite phrase bien sentie qu’avec un long discours. J’imagine assez nos énarques passer l’épreuve blague coef. 5 !

  • Dernièrement le blog de la rédaction nous parlait du meilleur job du monde, et te concernant quel est l’emploi qui te fait rêver ?

Alors, le plan A, ce serait un travail passionnant, au sein d’une bonne équipe, avec des mensualités intéressantes…Bref, si Euro RSCG ou autre petite société familiale venait m’implorer de signer sa proposition, aussi indécente soit-elle, j’accepterais. Pour rester dans l’ordre de l’envisageable, j’aimerais travailler dans le domaine du rédactionnel et du créatif, communication, publicité (on a dit meilleur job du monde, pas job le plus réaliste du monde) et pourquoi pas pigiste pour d’autres parutions… Mon cerveau s’adapte, je suis prête à faire des démonstrations gratuites sans obligation d’embauche !

Et si le meilleur job du monde est de l’autre côté du globe, pas de soucis, je suis mobile (traduction : I can put all my things in the boot of my Twingo and leave the next day)…J’ai dit que j’étais mobile, pas bilingue ! Le plan B, ce serait effectivement l’île paradisiaque…un poste de gardien sur la Grande Barrière en Australie me conviendrait, je pourrais toujours faire la com’ des cétacés égarés ! En tout cas, avant d’envisager sérieusement le plan B, mon cerveau est toujours à vendre (en euros, dollars, roubles…ou en BN) !

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Commentaires
  1. BJC dit :

    Bravo à BMB de la part de BJC , fan de la première heure !!!
    un blog à mettre entre toutes les mains et surtout de toute urgence entre celles de Maître Jacques 😉 Un petit spam sur sa boite mail ???
    avec ton talent, je suis sure que tu ne devrais pas tarder à trouver… et puis finalement… tu as encore quelques années devant toi… tout le temps de racheter Euro RSCG 😉

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